Voeux de M. Charasse, sénateur-maire, au président de l’IUFM à Clermont : on a d’abord cru à un montage...
On a attendu de trouver la réponse de l’IUFM pour publier... C’est vrai, il faut tout de même se méfier avec tout ce qui circule...
Voici une copie de ce qui semblerait être les voeux, d’une courtoisie inédite, de Mr Charasse, au président de l’Institut Universitaire de Formation des Maîtres de Clermont-Ferrand pour 2009 :
« Michel Charasse
espère que les riches spéculateurs
ne se referont pas, une fois de plus,
sur le dos des plus modestes. »
(Ca, c’est la formule-type, imprimée...
ça ne mange pas de pain)
« Vous remercie
et vous souhaite un très bonne année 2009
En espérant que les enseignants seront ENFIN formés »
Le mot ENFIN est souligné par notre délicat sénateur. Il ne s’agit pas d’être MIEUX formés, mais d’être formés tout court...
« car pour l’instant ça laisse à désirer.
Quand un enseignant m’écrit,
je retrouve toujours une ou plusieurs fautes d’orthographe
et quand il me parle
c’est souvent du balbutiement approximatif
sauf pour les revendications.
Les IUFM ont été un désastre
mais vous n’y êtes pour rien.
Cordialement,
M Charasse »
Franchement, nous trouvons que le "cordialement" est de trop...
On pourrait lui suggérer une formule du type :
"Veuillez agréer, Monsieur,
l’expression de mon mépris le plus ample
et de ma grossièreté la plus avérée..."
Notons que l’écriture est telle qu’on ne saurait douter de l’impact de l’éducation de qualité dont Mr Charasse a très certainement bénéficié...
C’était au temps où il n’y avait pas d’IUFM, et où les élèves étaient triés dès leur plus jeune âge...
En tout cas les fautes d’orthographe éventuelles ont de bonnes chances de passer inaperçues dans un tel gribouillis. Peut-être que les enseignants s’appliquent trop pour écrire...
C’est tout de même étrange, cette facilité de nos hommes politiques à dénigrer, insulter les enseignants.
A quel autre corps de métier aurait-on pu adresser un message de voeux si dénué de la courtoisie la plus élémentaire ?
On imagine bien la corvée que c’est de remplir toutes ces cartes de bon voeux et au milieu :
"Ah tiens, chouette, le directeur de l’IUFM, on va pouvoir se détendre un peu...
Bon, ne soyons pas trop dur, finissons en disant que ce n’est pas de sa faute..."
Réponse du directeur de l’IUFM de Clermont-Ferrand :
Conclusion :
La dépréciation du corps enseignant est vraiment un sport national en France.
Nombre des ministres de l’Education Nationale s’y sont amusés.
C’est tout de même étrange !
Entend-on le ministre des armées parler des militaires avec irrespect ? Le ministre de la Santé trouve-t-il des noms d’animaux pour définir les médecins ?
On retrouve ces propos au fil des forums... Et nul ne songe à s’en offusquer. La rengaine de l’enseignant tire-au-flanc, immobiliste, incapable, ringard, trouve toujours audience... Ce qui alourdit singulièrement nos conditions de travail.
Pourtant, quand on creuse un peu, on trouve facilement des arguments contraires :
Par exemple, que les Français ont confiance dans les enseignants :
http://4tous.net/ecoledemain/spip.p...
Qu’en tenant compte notamment du fait que 30%des élèves Français testés pour PIRLS 2006 déclaraient ne pas parler français régulièrement à la maison, les résultats seraient plutôt meilleurs qu’en 2002...
http://4tous.net/ecoledemain/spip.p...
Que le niveau des jeunes sortant du système scolaire ne cesse de progresser
http://4tous.net/ecoledemain/spip.p...
Pour ce qui est de la maîtrise de la langue, rappelons qu’au fil des réformes précédentes, les collégiens ont perdu une année entière d’enseignement de français... Dans un contexte où l’écrit change profondément de statut...
Il est facile de rendre toujours les enseignants responsables de tout... Ca évite de poser les autres questions.
Informations complémentaires sur M Charasse :
Ce n’est pas un parfait inconnu, surtout en Auvergne.
Mr Charasse est, comme indiqué sur la carte,
Maire de Puy Guillaume, petite commune du Puy de Dôme depuis 1977,
Président de l’association des maires du Puy de Dôme,
Conseiller Général de Chateldon depuis 1988,
Sénateur du Puy de Dôme de 81 à 88, et depuis 1992,
Quelqu’un qui est sûrement favorable au non cumul des mandats...
Il a été ministre de l’Économie et des Finances, dans le deuxième gouvernement Rocard, poste qu’il conservera sous le gouvernement Cresson, puis conseiller du président Mitterrand.
En 2007, il a accueilli chaleureusement dans sa mairie, le candidat UMP Nicolas Sarkozy.
Depuis 2008, il est exclu du PS, pour avoir soutenu un candidat dissident à la présidence du conseil général du Puy-de-Dôme...
Il fait partie désormais du Rassemblement démocratique et social européen, qui regroupe des élus de droite, et de gauche.
2004 : Amendement Charasse en faveur du financement des écoles privées par les mairies :
Petite remarque croustillante, Mr Charasse est l’auteur d’un amendement à l’article 89 de la loi sur le code de l’éducation déposée en juin 2004 et avant l’ouverture du débat en seconde lecture de la loi sur "les responsabilités locales", autrement dit la décentralisation, voilà un amendement qui mérite le détour.
L’amendement Charasse modifie l’article 89 du nouveau texte "sur le calcul des contributions des communes aux dépenses obligatoires concernant les classes des écoles privées". Jusqu’à présent, le système prévoyait l’obligation pour toutes les communes d’attribuer à chacune des écoles situées sur son territoire un "forfait communal" d’un montant compris entre 800 et 1500 euros par élève.
En revanche, une scolarisation de l’enfant hors de sa commune d’origine n’ouvrait droit à ce même forfait que s’il avait choisi l’école publique. Or, avec le vote de l’amendement Charasse, des communes devront aussi verser leur obole aux écoles privées situées à l’extérieur de leur territoire, mais qui accueillent certains chérubins "délocalisés".
Exigée par l’enseignement catholique depuis des lustres, une telle disposition représente un sacré pactole. Presque un tiers des 900 000 élèves scolarisés dans le privé le sont en effet hors de leur commune d’origine, d’après les chiffres de la Fédération nationale des établissements de l’enseignement catholique.
A 1000 euros le forfait par enfant, l’aide délivrée à l’enseignement confessionnel risque d’exploser : pas loin de 300 millions d’euros qui devraient tomber dans les caisses du privé. Cette charge nouvelle incombera aux communes. Sauf si le gouvernement respecte à la lettre le principe, inscrit dans la loi de décentralisation, selon lequel toute charge nouvelle imputée aux collectivités locales doit être intégralement compensée par l’Etat. Les élus locaux ont comme un doute. "
Information relevée sur le site :
http://ecolesdifferentes.free.fr/AM...
Relevé de presse sur l’amendement Charasse :
http://ecoledeproximite.lautre.net/...
Le texte présenté par la commission du Sénat :
http://www.senat.fr/commission/cult...
Le texte de l’article L442-5 du Code de l’Education :
http://www.legifrance.gouv.fr/affic...



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