Charlie hebdo : sois pour la liberté d’expression et tais-toi.

mercredi 21 janvier 2015
par  Moka63
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Tout le monde ressasse, débat, en rajoute sur l’attentat touchant Charlie. C’est légitime et indispensable, sauf quand les idées se polarisent en un courant trop uniforme et dominant.

Deux textes m’ont particulièrement intéressée dans le flot que j’ai lu :

"Les questionnements de nos élèves nous sont insupportables"

C’est une déclaration de notre ministre à l’assemblée nationale, la semaine dernière :
« Même là où il n’y a pas eu d’incidents, il y a eu de trop nombreux questionnements de la part des élèves. Et nous avons tous entendu les "Oui je soutiens Charlie, mais", les "deux poids, deux mesures", les "pourquoi défendre la liberté d’expression ici et pas là ?"

Ces questions nous sont insupportables, surtout lorsqu’on les entend à l’école, qui est chargée de transmettre des valeurs »

Oui, ces questions sont difficiles. Mais si nous échouons respecter les questionnements, si nous échouons à argumenter, débattre, convaincre, nous échouons dans notre mission. A nous de construire notre argumentaire.

Une réflexion est développée à ce sujet sur le blog du Monde diplo.

La question de l’humour et de la relégation :

Le second questionnement est développé dans la tribune Rebonds de Libé :

Quelque chose met mal à l’aise dans le pur débat de principes, dans l’injonction de tristesse devant les morts, de tolérance devant les caricatures, dans l’exigence d’unanimisme. Il y aurait nous, Occidentaux cultivés, raffinés, tolérants, et les sauvages, obtus, violents, jeunes ou vieux, français ou arabes.

Encore une fois, nous donnons des leçons, supposant toutes choses égales par ailleurs. « Vous n’êtes pas mûrs, vous n’avez pas d’humour, vous n’êtes pas des nôtres au fond ».

Et plus loin :

Il faut les rappeler, ces grands principes, la liberté, la laïcité, mais cela ne suffit pas.

Il ne suffit pas dans une société d’avoir de géniaux dessinateurs, virtuoses de l’insolence et de la liberté d’expression, de défendre la liberté d’expression des gens cultivés comme un totem autosuffisant, il faut aussi qu’en face, dans ces mêmes quartiers où ont grandi les frères Kouachi, il y ait des gens assez solides, construits, favorisés, pour répondre sur le même terrain, goûter à cette liberté, une disponibilité à la pensée critique, à l’humour, au second degré.

Elle n’est pas là, et aucun rectorat ne pourra la décréter, parce que cela suppose bien plus que de la magie éducative : un cadre de vie digne, de la confiance, de la richesse aussi partagée, de la connivence, une vraie politique d’intégration, du travail qui ne soit pas une forme d’exploitation. Le prix à payer, en somme, pour des Français - musulmans ou non, collégiens ou retraités - pleins d’humour et décontractés.

A lire ici.


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