Jacques Risso : qui jugera la hiérarchie ?

dimanche 29 septembre 2013
par  Moka63
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Un article de M. Frackowiak, publié avec l’autorisation de l’auteur, merci à lui....

Rappelons que Jacques Risso a été suspendu de ses fonctions de directeur de l’école de Rustrel, dans le Vaucluse, et de ses fonctions d’enseignant, dans des conditions aberrantes, quasiment sans précédent au regard des motifs invoqués.

Rappelons que Jacques Risso est un enseignant dont la compétence, l’engagement, la conscience professionnelle ont été attestés par tous les rapports d’inspection officiels.

Rappelons que Jacques Risso est aussi un humoriste dont les petits dessins connaissent un grand succès dans le monde enseignant et au-delà. C’est lui que j’ai d’ailleurs sollicité pour illustrer mon dernier livre, publié à la Chronique Sociale, « L’école. En rire, en pleurer, en rêver » avec une préface d’André Giordan et une post-face de Philippe Meirieu, l’un et l’autre étant parmi les pédagogues contemporains les plus célèbres.

Rappelons que la sanction prise par un DASEN Directeur d’Académie qui a quitté le département et qui a été remplacé par M. Dominique Beck, reposait sur un dossier de 206 pages rassemblant une quantité d’informations, remontant au déluge, comme si à l’Education Nationale, il y avait un service policier du type des anciens « renseignements généraux », rassemblant soigneusement le moindre incident comme il s’en produit chaque jour dans toutes les écoles de France sans pour autant faire l’objet de « mains courantes Ed. Nat. ».

Rappelons enfin qu’au fil des pages, surgissent, de manière plus ou moins directe, des allusions aux petits dessins de Jacques Risso, qui à l’évidence, ont beaucoup déplu à quelques chefaillons, imbus d’autorité et propagandistes des politiques éducatives précédentes brocardées par le dessinateur, et soumis à une conception féodale du fonctionnement du système.

Le nouveau DASEN a d’abord cautionné et maintenu fermement la sanction dont l’habillage en « mesure conservatoire » est une pure malhonnêteté au regard des dégâts produits sur la victime et sur son entourage, sur son image, sur son avenir, sur le village, sur l’Ecole Publique. On aurait détruit cet homme s’il n’y avait eu un grand mouvement de soutien qui s’amplifie d’ailleurs chaque jour.

Le DASEN a communiqué, reprenant tous les arguments les plus fallacieux, s’appuyant sur les analyses les plus sottes et protégeant deux de ses cadres qui ont pourtant commis des erreurs invraisemblables, qui mériteraient sans doute une suspension pour avoir tenté de régler leurs comptes avec Jacques Risso plutôt que de l’accompagner intelligemment et de tout mettre en œuvre à la fois pour protéger les élèves et pour assurer la sérénité dans le fonctionnement de l’école et dans le village.

La gestion de cette affaire a été catastrophique. Alors que l’on reproche à J. Risso de ne pas avoir su gérer les conflits entre élèves depuis plus de 15 ans sans le lui avoir dit d’ailleurs, et on s’est révélé incapable de gérer une situation éducative complexe. Mais les chefs ont toujours raison. Les subalternes trinquent, les hiérarques échappent à toute mise en cause de leurs compétences.

J. Risso a été reçu par M. Becq mardi 26 septembre. Celui-ci reconnaît qu’il a commis des erreurs d’appréciation, qu’il était mal informé alors que je lui avais personnellement recommandé la plus grande prudence. Il a admis que la totalité du dossier à charge contre J. Risso n’était pas fondée, ne retenant finalement qu’une affaire de « harcèlement moral présumé entre enfants » dont il convient effectivement de discuter, notamment au regard de la responsabilité de l’inspectrice locale mal conseillée.

Certes, le problème est important. Il exige beaucoup d’humanité, de diplomatie, de respect pour toutes les parties concernées. Certes l’intérêt des enfants confiés à l’école est primordial. On l’a géré de la pire manière…

Le problème, c’est que le DASEN persiste. Il maintient la sanction s’appuyant notamment sur des plaintes en justice qui sont bien postérieures à la décision de suspension et qui… n’ont pas été retenues. Et il annonce une nouvelle enquête… non pas sur ses services et ceux du rectorat… non pas sur l’inspectrice et sur ceux qui l’ont conseillée et qui l’ont aidée à rassembler une masse d’incidents et de contre vérités à charge… mais sur Jacques Risso !

Cette posture est inadmissible, aussi aberrante que la sanction initiale
Nous allons tout faire, à tous les niveaux, avec les syndicats d’enseignants (SE, SNUIPP, FO) et notamment celui qui pris la défense de Jacques Risso dès le début de ce scandale (FO), pour que cette sanction soit annulée, qu’il n’y ait pas un tribunal paritaire (avec voix prépondérante du DASEN-juge et une délégation de hiérarques contrainte de se prononcer comme le chef) qui soit convoqué pour juger J. Risso, pour que les responsabilités au niveau local comme au niveau départemental, soient clairement établies dans l’intérêt des élèves, des enseignants, des directeurs qui craignent désormais une suspension de 4 mois s’ils n’ont pas su, selon un hiérarque local incompétent, gérer une bagarre de cour de récréation, et de l’Ecole Publique.

Et nous poserons inlassablement la question à l’opinion publique et au ministre : qui jugera la hiérarchie ?

Pierre Frackowiak
Inspecteur honoraire de l’Education Nationale
Administrateur national de la Ligue de l’Enseignement

Billet à retrouver sur le blog la bouteille à l’encre


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