Evaluations nationales CE1 2011 : mon engagement.

samedi 26 mars 2011
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Les évaluations CM2 sont passées, les évaluations CE1 se profilent, l’heure est aux grandes décisions !

En tant qu’enseignant-fonctionnaire-qui-fonctionne, je m’engage donc :

- à stresser mes élèves, en leur imposant des épreuves et un protocole de passation totalement inadaptés à leur âge,

- à respecter un codage binaire de correction qui transforme, de façon très arbitraire, chaque élève en une ligne de "zéro" et de "un" (les autres codes ne sont pas pris en compte lors du relevé),

- à faire remonter les résultats obtenus, dont je sais qu’ils ne veulent rien dire, pour que les inspecteurs s’en saisissent et "pilotent" artificiellement les écoles et les personnels,

- à utiliser les résultats obtenus, dont je sais qu’ils ne veulent rien dire, pour trier mes élèves,

- à envoyer, sur cette base, des enfants à des stages et des heures de soutien qui ne leur apporteront aucune aide spécialisée efficace,

- à mentir aux parents en leur assurant que les résultats sont anonymés, alors qu’ils sont joints au dossier de leur enfant, et que ce dossier sera dès l’an prochain informatisé,

- à laisser croire que l’ensemble du dispositif est scientifique et rigoureux.

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Pour améliorer les résultats de mes élèves, et gagner l’estime de mes cadres hiérarchiques, je pourrai toujours :

- éviter de prendre dans ma classe / mon école, des élèves qui risqueraient de trop faire baisser mon taux moyen de réussite ;

- consacrer la plus grande partie de l’année scolaire à dresser mes élèves à répondre à des questions sans intérêt, au détriment des autres apprentissages ;

- faire bachoter mes élèves sur la version 2011 dès qu’elle sera diffusée ;

- apporter, en cours d’épreuve, une aide plus ou moins ciblée et détaillée, pour éviter toute défaillance qui porterait préjudice au score global...

Cependant, si mon objectif est d’obtenir un classement de type "éducation prioritaire", et si j’espère le maintien des subventions spécifiques qui y sont associées, je veillerai à inverser tous ces choix, et j’appliquerai sans pitié les temps et consignes de passation de la façon la plus stricte.


Ainsi, la politique actuelle appliquée à l’école sera cautionnée.

Ainsi, les effets néfastes de la surcharge des classes, de la suppression des remplaçants, de la déscolarisation des 2 ans en zones défavorisées, de la suppression des RASED et de la destruction des petites structures seront masqués.

Ainsi, les fichiers informatiques des élèves pourront être alimentés.

Je recevrai, si le budget de l’éducation nationale le permet encore, une prime de 400€, en paiement de ma docilité.

**********************************************************

ou bien :

Tout cela m’écœure et me rend malade.

- Je n’en peux plus d’attendre une consigne syndicale unifiée qui n’arrivera pas.

- Je n’en peux plus d’essayer d’adapter à la marge les consignes de passation de ces évaluations, en espérant que les effets néfastes sur les élèves et sur la gestion de l’école resteront limités.

- Je n’en peux plus de voir à quel point ces évaluations influent de façon négative sur ma pédagogie et celles de mes collègues.

- Je n’en peux plus de voir l’impact qu’elles prennent malgré moi sur les élèves et leurs familles...

- Je n’en peux plus de recevoir cette prime de 400€, qui ne représente rien d’autre que le prix de ma soumission.

- Je n’en peux plus de m’astreindre à ne pas trop penser aux dérives que le pilotage par le chiffre ne va pas manquer de provoquer.

- Je n’en peux plus de m’astreindre à ne pas trop penser.

J’ai décidé de ne pas/de ne plus être un rouage de ce dispositif. Je boycotterai ces évaluations.

Je n’en ferai pas remonter les résultats.

Si je n’enseigne pas dans le niveau concerné, je me rendrai solidaire de ceux et celles qui les boycotteront. Je demanderai à être mis en cause à mon tour si l’un d’entre eux est convoqué ou sanctionné pour cette action.

Je peux aussi donner un sens collectif à cet engagement, et signer la charte de résistance pédagogique ou l’appel du réseau des enseignants du primaire en résistance contre les évaluations nationales.

Je rejoindrai ainsi ceux qui construisent une action concrète et efficace pour alerter les parents et les enseignants sur les dangers de ces évaluations nationales et pour contrer ce dispositif.

Il est à noter que le syndicat Sud-éducation a publié à son tour, le 7 avril, un appel à s’opposer aux évaluations nationales CE1.

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Marie-Odile Caleca,
— Professeur des écoles,
— du réseau des enseignants du primaire en résistance.

N.B. Les illustrations nous sont offertes par le talentueux Jacques Risso. Merci à lui !

Ajout le 8 mai :
- Evaluations CE1 2011 : les sujets sont en ligne.


En version à imprimer :

Pour ceux qui veulent diffuser avec enthousiasme, la version papier :

PDF - 398.4 ko

En vidéo :

La compagnie Naje s’est inspirée de ce texte pour construire une vidéo fort remarquable :

.

Autre vidéo de la compagnie Naje, associant la thématique de l’évaluation et celle du fichage :

Pour retrouver les projets en cours de la compagnie Naje, c’est ici.


Dans le Monde.

Ce coup de sang a eu l’honneur d’être commenté sur le blog de Luc Cédelle, sur le site du Monde, c’est à lire ici.


Et retrouvez nos analyses détaillées des livrets et conditions de passation de ces évaluations ici.

(Voir également les derniers articles de cette rubrique dans l’encadré à droite de votre écran, affiché à côté du titre de cet article.)


Commentaires  (fermé)

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vendredi 19 août 2011 à 23h40, par  Alain

C’est une excellente idée, le tout est très instructif. Bonne continuation et longue vie à votre site ! C’est vraiment excellent, j’espère vous lire à nouveau très bientôt.

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poker !


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mardi 7 juin 2011 à 20h13, par  béfane

bonjour
je repond a votre message et vous soutien totalement vous avez bien raison nos enfants on assez de stress d le debutde leur entrée a l’ecole et toute a fait raison de ne pas le mettre a l’ecole pendant c évaluations et j’aurais du faire comme vous idem maman trés en colére contre sa

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mardi 7 juin 2011 à 20h08, par  béfane

bonjour
moi perso je trouve sa nul c évaluation mon fils de nature trés stresser ,angoisser a toujours bien travailler a l’ecole la il a recu c resultats des évaluations pas bon du tous et sa m’enerve a un point terrible c pas en quelques feuille qu’on n’arrive a évaluer un gamins de 7an il faut voire a l’année

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jeudi 2 juin 2011 à 16h39, par  Moka63

Peut-être avez-vous lu au premier degré et de façon incomplète un texte qui dénonce, justement, une dérive qui est en train d’être imposée à l’éducation nationale.

Finalement, nous sommes d’accord sur un point :
- Ce mode d’évaluation est en effet sévère pour des enfants si jeunes.

Par contre, "l’éveil des sens" ne saurait être un objectif unique et suffisant en élémentaire, même s’il serait bon qu’il ait une place plus réelle dans nos enseignements.

L’objectif de l’éducation n’est pas la "liberté d’acquérir les bases nécessaires à la réalisation de ses ambitions" , mais le droit pour tous de disposer de ces savoirs, ce qui n’est pas du tout la même chose.

Nous nous élevons contre cette prime, non pas pour une raison "de vocation de partage le savoir" qui pourrait nous dispenser de rémunération. Mais parce que cette prime n’est destinée qu’à favoriser l’application servile de ces évaluations très contestables.

... Enfin, j’apprécie à sa juste valeur l’injonction : "Mettez-vous au boulot !" qui n’a aucun rapport avec le reste de votre message, mais qui ne saurait être oublié, dans un message s’adressant à un enseignant...

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jeudi 2 juin 2011 à 15h41, par  kayzer

Salut !
Votre programme est sujet a controverse, car vous appliquez des modes d’enseignement, severe a de jeune enfant, encore en phase de transition, avec l’education institutionnel.
Pourquoi ne pas vous axer, sur l’eveil des sens, de l’ecoute donner envie a ces gosses, d’apprendre avec plaisir.
Pourquoi sevir aulieu d’agir ?
Chacque personnes, des son plus jeune age, est libre d’acquerir les bases necessaire, a la realisation de ses ambitions encore faut il qu’il en soit conscient.
Vous parlez de prime mais a quoi cela va t-il servir puisque que votre metier a pour vocation le partage du savoir ?
PS : mettez vous au boulot !!!!!

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dimanche 22 mai 2011 à 23h29, par  Moka63

Bon, pour désamorcer l’aspect polémique de cet échange, je laisse de côté les jugements généraux inclus dans votre message, la "mauvaise foi", le "nivellement par le bas", le fait d’être "systématiquement contre tout", qui fait de moi un être peu apte à la réflexion... Et l’hypothèse que je ne sais pas me remettre en cause, n’estime pas mes élèves etc... Je ne m’attarderai pas non plus sur l’assertion "Pauvre France", qui donne une coloration assez particulière à votre témoignage.

Ainsi, vos élèves étaient demandeurs de ces nouvelles évaluations nationales, et vous affirmez avoir su utiliser ces dernières intelligemment. Vous avez évité les pièges du bachotage et du stress. Je vous en félicite.

Je fais même l’hypothèse que vous avez réussi tout cela en respectant à la lettre les consignes de passation : sans donner plus de temps, par exemple.

Je veux même bien faire l’effort d’imaginer que votre école se situe dans un quartier fortement défavorisé, et accueille une proportion importante d’élèves ayant une vie cabossée. Il est dans ce cas probable que malgré la grande qualité de votre équipe pédagogique, plusieurs d’entre eux ont échoué dans leur apprentissage de la lecture en CP, et ont commencé l’année dans votre classe sans savoir lire. Quelques-uns, même, vous sont peut-être arrivés en se demandant ce qu’ils faisaient là.

Ce serait alors d’autant plus remarquable qu’ils aient pu, dans ce contexte difficile, subir sans dommage les demandes importantes et temps de passation réduits imposés par ces évaluations, et que vous ayez su, malgré cet environnement défavorable, faire une utilisation correcte d’un dispositif fort critiqué.

Vous trouvez que ces évaluations vous ont permis de voir quels sont les points à améliorer dans votre enseignement. Mais n’auriez-vous pas eu de la même manière, et de façon bien plus objective, un retour sur la qualité de votre enseignement, avec des évaluations placées en début CE2 ? Vos élèves en difficulté n’auraient-ils été plus en réussite s’ils avaient eu plus de temps devant eux, et s’ils avaient été confrontés à des exercices un peu moins centrés sur les objectifs finaux prescrits dans les programmes 2008 ? Ceux-ci restent tout de même les seuls à avoir été critiqués publiquement par deux ministres de l’éducation nationale. (1)

Il est tout à votre honneur d’avoir su préserver vos élèves des effets néfastes inhérants ces évaluations. Par contre, il est étrange que vous refusiez d’admettre que ces effets existent, de nombreux témoignages de parents et de collègues le confirment notamment sur des forums internet.

Il est inquiétant que vous refusiez de voir que ces comportements ne vont faire que se renforcer. En effet l’objectif affiché d’utiliser ces données pour "piloter" le système par le chiffre favorise grandement l’émergence des comportements d’enseignants peu scrupuleux décrits dans "mon engagement".

Au moment où la pression se renforcera sur la progression des résultats des élèves, cette tendance risque fort de devenir de plus en plus présente.
- Parce qu’il n’y a aucun moyen de mettre en évidence que les méthodes de passation des uns et des autres sont comparables et conformes aux prescriptions,
- Parce qu’il n’existe pas d’évaluation correcte, quelle qu’elle soit, où l’on est à la fois juge et partie.

Pour ces raisons, les données chiffrées collectées de la manière imposée actuellement ne peuvent pas avoir de validité scientifique, ni être un miroir correct du niveau dans les écoles.

Or, on nous demande déjà de se baser sur les résultats de ces évaluations pour construire les futurs projets d’écoles. Que direz-vous lorsque votre inspecteur vous demandera de vous expliquer sur vos résultats qui sont moins brillants que ceux de tel collègue dont vous savez qu’il a appliqué les consignes avec moins de rigueur que vous ?

Et lorsqu’on vous demandera de joindre les résultats de vos élèves au livret informatisé de compétences, qui les suivra pendant 30 ans, peut-être aurez-vous le même mépris pour ceux qui tentent d’alerter l’opinion publique. Pourtant, comme le dit si bien Albert Jaquard : "La liberté de chacun ne peut s’épanouir que si la société ne possède pas trop d’informations sur lui." (2)

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samedi 21 mai 2011 à 22h38, par  Field

Bonsoir,

Je suis enseignant en CE1. J’ai fait passer sans aucun problème et sans aucun scrupule les évaluations à mes élèves. Ils étaient même demandeur.
Je suis consterné par la mauvaise foi contenue dans votre vidéo et l’ensemble de vos
"revendications". C’est à cause de gens comme vous que s’opère un tel nivellement par le bas de nos élèves en France.
Revoyez un peu vos méthodes, remettez vous en cause, ESTIMEZ vos élèves et ayez confiance en leur capacité d’apprendre... Vous serez surpris.
En ce qui me concerne, rien de ce que vous avez évoqué ne m’est venu à l’esprit ( stresser les élèves, refuser les élèves en difficulté, faire bachoter mes élèves, suggérer les réponses pendant les épreuves pour avoir de bons résultats....). MAis pour qui prenez-vous vos collègues ?
Ces évaluations m’ont permis de voir quels sont les points à améliorer dans mon enseignement. Je suis fier des résultats qu’ils ont obtenus. Et croyez moi, mes élèves sont tout à fait épanouis.

Les gens comme vous sont systématiquement contre tout.
Pauvre France.

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mercredi 18 mai 2011 à 17h30, par  Mommy

Ma fille de 7 ans 1/2 pleurait la veille de l’évaluation (dimanche 15 mai) et n’arrivait pas à s’endormir tellement elle avait peur de pas y arriver, le matin elle ne voulait pas aller à l’école......pourtant c’est un enfant qui n’a pas de difficultés scolaires !!!!

Un de ses petits copains de classe pleurait le jour de l’évaluation car il n’arrivait à faire les divisions lors de l’évaluation alors que les CE1 n’avaient pas apprit les divisions en classe !!!
Ceci m’a été rapporté par deux enfants de la classe de ma fille !

Et en plus ils étaient chronométrès, certains enfants disaient à la sortie de l’école qu’ils n’en pouvaient plus !!!

Tout ca pour que la maitresse gagne 400 € !

C’est plus que lamentable et inadmissible, elle a pas de quoi en être fière.

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jeudi 5 mai 2011 à 09h59, par  Moka63

Voilà un message bien agressif...

Vous comparez ce qui n’est pas comparable. Les programmes sont définis par la Nation pour ses enfants. Pour ma part, j’en applique les objectifs généraux, pas toujours de bon coeur, mais parce que j’estime que cela fait partie de mon contrat effectif de fonctionnaire d’Etat. En revanche, les dangers d’un pilotage par le chiffre sur la base de ces évaluations sont tels qu’ils nécessitent une dénonciation efficace et engagée.

Que direz-vous quand on commencera à vous donner en exemple votre collègue, qui a fait bachoter ses élèves toute l’année, qui a désespéré la moitié de sa classe, et donné une partie des réponses au moment des tests... et qui aura ainsi obtenu un score insolent de réussite ?

Ces modifications, insidieuses, sont en cours dans nos classes. Ne les voyez-vous pas ? Les trouvez-vous souhaitables, et pour les enfants, et pour nous les enseignants, et pour l’avenir de notre société ?

Pour le reste, je n’ai pas de gourou, et d’ailleurs Alain Refalo ne revendique absolument pas ce statut. Le fait de ne pas avoir les mêmes idées que vous n’implique pas forcément une absence de réflexion. C’est plus intéressant de respecter son adversaire et de débattre vraiment sur le fond.

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mercredi 4 mai 2011 à 18h55, par  Didier

Un berger, tu parles sans doute de ton grand gourou (pas Skippy) mais Refalo. Moi je n’ai pas de berger, j’ai une conscience, une réflexion et une mission comme tout fonctionnaire, à laquelle je suis tenu de me consacrer (statut du fonctionnaire). Cela échappe aux quelques chevaliers des temps modernes qui pensent avoir le droit de ne pas appliquer des réformes qui ne leur plaisent pas. Et si ces enseignants décidaient demain de ne plus enseigner la géographie
parce que cela ne correspond pas à l’idée qu’ils se font de l’enseignement, ils pourraient ?
Votre combat n’est pas un combat juste, vous n’êtes pas des héros, d’ailleurs, combien êtes-vous et quelles organisations syndicales vous soutiennent ?

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dimanche 1er mai 2011 à 11h06, par  clap93

J’ai eu ces pensées au début des évaluations CE1. J’ai changé depuis, sans renier le fond négatif qu’elles pouvaient entraîner : sélection des élèves, fraude qui cautionne une politique, etc. mais le doute s’est installé et ces évaluations me posent des questions sur le plan pédagogique.

Je me heurtais à l’idée, (Piaget ?) selon laquelle un élève ne pouvait comprendre la soustraction à retenues qu’à partir du cm1. Hors, désormais, nous apprenons la technique au ce1. Beaucoup de barrières comme celle-ci ont été bousculées par ces évaluations. Alors que le ce1 était la classe où on découvrait des notions, la sensibilisation veut maintenant s’accompagner d’acquisitions : techniques opératoires, reconnaissance et traitement de problèmes correspondant aux quatre opérations, connaissances grammaticales et orthographiques connues et réinvesties dans les dictées et productions d’écrits, etc. Il faut ajouter à cela que les manuels n’ont pas tous suivi ce changement et que les enseignants, de toute manière, n’ont pas les moyens de renouveler les manuels au rythme des réformes...
Bref, étions-nous devenus des enseignants pas assez ambitieux vis à vis des compétences à acquérir, des enseignants qui pensaient que ce qu’ils abordaient en classe serait revu et acquis plus tard ? ou encore : Demander à des élèves de cet âge d’accumuler un tel lot de connaissances ne peut-il que les conduire à l’échec et au découragement ?
Personnellement, j’ai choisi de construire mes progressions en relation avec ce que j’ai observé dans les évaluations passées : comparaisons entre grammes et kilogrammes par exemple alors qu’ils ne sont pas sensés voir les unités de mille (donc on voit les unités de mille malgré les io), les opérations, les classes de mots et fonctions, les temps de conjugaison, etc., si possible avant la semaine du 20 mai, ce qui revient à finir le programme et même aller au delà au 20 mai...
Ainsi, j’espère pouvoir répondre aux questions que je me pose concernant l’ambition et résoudre les problèmes de découragement, voire de colère que peut ressentir un élève face à quelque chose qu’il n’a jamais vu, comme 100 : 5 = l’année passée...
Au vu des acquis nécessaires, la grande section devrait évoluer vers un cp bis pour être en phase avec ces évaluations.
Pour être en phase avec les évaluations cm2 en janvier, ce sera encore moins simple...

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mardi 26 avril 2011 à 20h27, par  Moka63

Qui parle d’insulte ? Les termes "brasser du vent", "croisades", "dogmatisme obtus" n’en sont pas très éloignés. Mais sans doute avez-vous mal pris l’expression "fonctionnaire qui fonctionne." Ce sont pourtant les termes que s’appliquent à eux-mêmes plusieurs de mes collègues, qui sont d’accord avec nos constats, mais qui appliquent, à reculon, les consignes qu’on leur impose.

Si on laisse de côté votre agacement manifeste, êtes-vous si convaincu que vous le dites de l’entière innocence du fichier Base élève, et de toutes les données qui vont de greffer dessus et suivre les élèves sans possibilité de consultation ni de correction ?

Etes-vous tellement certain de la validité de ces nouvelles évaluations,
- comme outil de repérage et de remédiation (découvrez-vous, grâce à elles des enfants en difficulté que vous ne connaissiez pas depuis longtemps ?)
- comme outil de pilotage, permettant de juger l’efficacité de votre enseignement ?

Et pour ce qui est de l’efficacité du soutien et des stages, je connais quelques collègues qui s’y investissent pleinement, et qui obtiennent des résultats, mais cet investissement est loin d’être la norme. Et l’aide apportée peut également l’être en classe, si l’on arrive à ménager des temps qui échappent à l’enseignement frontal.

J’ai, pour ma part connu des suivis RASED efficaces, même si la coopération n’est pas toujours optimale. Et vous savez comme moi qu’il est des enfants dont les difficultés ne se cantonnent pas à la pédagogie, et qui ont grand besoin d’une vraie aide spécialisée. Ceux-là n’ont aucune chance d’être délivrés de leurs difficultés par quelques heures de "soutien."

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mardi 26 avril 2011 à 18h48, par  didier

Je signe aux propos de Zoe. Je fais passer les évaluations, je fais l’aide personnalisée et je fais même des stages de remise à niveau. Faut-il me tondre ?
Mais qui le fera ? Vous faites du bruit, vous brassez du vent, vous insultez les collabos qui font leur travail mais vous n’êtes que 2 ou 3 excités qui ne représentez que vous mêmes et quand vous parlez des consignes des parents d’élèves en citant la FCPE, vous ne trompez que ceux qui ignorent que la FCPE et certains syndicats enseignants ont des liens "privilégiés".
Vos croisades contre les évaluations, ou contre base élèves vous permettent d’exister dans des grandes luttes du 21ème siècle, vous vous trompez et en mettant en avant votre dogmatisme obtus, en refusant de voir du positif là où il peut y en avoir (stages RAN, aide perso) et pleurant sur l’efficacité reconnue (par vous seuls) des RASED quand on sait l’inefficacité chronique de ce dispositif, vous vous disqualifiez auprès des enseignants et surtout vous nous disqualifiez en qualité de professionnels.

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mercredi 20 avril 2011 à 00h27, par  Moka63

Je n’ai rien fait de spécifique pour "inonder votre boîte mail." Il serait sans doute plus efficace d’exprimer votre mécontentement auprès de vos correspondants.

Pour le contenu du texte qui vous fait réagir, et sa mise en vidéo, votre réaction illustre toute la difficulté que nous ressentons à convaincre ou simplement faire réfléchir... A force de se heurter au quotidien à cette force de résignation qui tend à penser et faire comme si tout cela n’était pas si grave, nous sommes tentés d’utiliser des propos plus percutants. Mais dans votre cas, et vous n’êtes sûrement pas seule, les arguments ne portent pas plus, et ne réussissent qu’à vous agresser.

Ces évaluations, du point de vue de cette enfant à qui vous cherchez à redonner confiance en elle, seront peut-être un peu dramatiques quand même. Elles risquent de défaire, peut-être, ce que vous aurez réussi à construire. Les résultats qui s’inscriront dans son dossier risquent de ne pas être bien constructifs. Et ils la suivront malgré elle, dans un fichier dont la diffusion sera bien mal contrôlée.

L’intervention du RASED, est, normalement d’autre nature que le "soutien". Mais je vous accorde que les RASED ne tiennent pas toujours le rôle qu’ils devraient avoir. Pourtant, quand une vraie coopération s’installe, quelle aide réelle pour les enfants ! Et perdre cette possibilité d’intervention est, pour certains élèves, vraiment grave. Je ne parle pas ici de ceux qui ont besoin juste d’un petit coup de pouce... Le fait que l’instauration du soutien soit prétexte à la suppression des RASED pose problème. Qu’il s’accompagne d’une perte de temps collectif aussi... Mon organisation de classe permet d’instaurer ces temps d’aide individualisée ou par petit groupe dans le temps "normal" de la classe. Les créneaux de "soutien", servent, par demi-groupe à la construction de projets. Mais je ne fais pas de ce choix un dogme, ni une" vérité."

L’idée de "lutte systématique contre tout ce qui vient d’en haut" suppose une posture de principe, une peu bornée, qui n’est pas très flatteuse non plus, elle peut même être ressentie comme un peu agressive, non ? Si je m’investis dans ce combat contre les nouvelles évaluations nationales, c’est qu’il me semble primordial. Parce que le pilotage par le chiffre a été appliqué au système éducatif dans d’autres pays, et qu’on en connaît les effets néfastes. Peut-être aurez-vous la curiosité de jeter un coup d’oeil sur les articles témoignant de ces dérives : (1) ou (2)

Juste en question, mais sans animosité : quels sont ces "combats plus importants à mener" dans lesquels vous seriez prête à dépenser votre temps et votre énergie ?

Logo de zoé44
mardi 19 avril 2011 à 16h01, par  zoé44

je suis donc une instit "indigne de ce nom", complice du système, voire collabo (à en croire les textes enflamés de résistance pédagogique et autres désobéisseurs). je ne trouve pas dramatique ces évaluations, sans doute inutiles mais on en fait tellement des choses inutiles et bien plus grave que cela !
je suis juste fatiguée et même en colère de passer pour une "collabo" simplement parce que je trouve que le soutien n’est pas inutile ( 4 séances en petit groupe pour aider à faire des multiplication, 3 séances pour aider une gamine à reprendre confiance en elle en lecture...ouh...c’est mal !!!) stigmatisant ? pas plus que de quitter la classe avec un membre du rased qui ne m’explique même pas ce qu’il fait...
alors si d’autres ont assez de temps et d’énergie à passer dans une lutte systématique contre tout ce qui vient d’en haut, c’est leur problème, mais pitié, qu’ils cessent d’inonder nos boites mail, et surtout leur agressivité, si si agressivité, envers cette majorité silencieuse de fonctionnaires qui fonctionnent... parce q’il y a des combats plus importants à mener et que vous ne détenez pas la vérité !!!

mardi 5 avril 2011 à 20h21

Merci de ce témoignage.

Cette action de boycott des parents d’élèves avait été clairement soutenue par la FCPE dans le cadre des évaluations CM2 2011. Il serait intéressant d’interpeller cette association de parents d’élèves pour les évaluations CE1, qui posent les mêmes problèmes de fond.

La difficulté est de ne pas se laisser engluer dans l’habitude. Ces nouvelles évaluations ont soulevé, il y a trois ans, un véritable tollé chez les enseignants du primaire. Cette capacité de réaction et de réflexion est malheureusement en train de s’émousser.

Marie Odile Caleca

Logo de prapouni
mardi 5 avril 2011 à 10h14, par  prapouni

Bonjour, maman d’un enfant en classe de CE1 et abasourdie par les méthodes d’enseignement actuelles mais cependant heureuse de vous lire et de constater qu’il existe des instits dignes de ce nom dans notre pays ! compte tenu du stress que mon fils supporte depuis la maernelle, j’ai décidé qu’il serait absent pour les évaluations nationales ! tout simplement...
Nos enfants sont des numéros que l’ont classe selon des méthodes bien particulières qui, au ieu de les instruire et de les aider, les détruisent et les envoient chez les psys !
Alors merci pour votre soutien. Une mamam très en colère !!!!!

Logo de Agnès
jeudi 31 mars 2011 à 21h19, par  Agnès

très très bien cette version avec les dessins.......... tu fais vraiment du super boulot, merci d’être si efficace.... je fais circuler de mon côté.

Agnès.

Logo de Anne Courbière
dimanche 27 mars 2011 à 21h47, par  Anne Courbière

Bravo pour la mise en forme finale !
J’ai signé et je re-signe.
Les évaluations nationales ne passeront pas par moi.
Anne (69)

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