Les évaluations CM2 2009 : organiser l’échec massif des élèves.

jeudi 22 janvier 2009
par moka
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Ces livrets sont présents sur le net depuis une dizaine de jours, et en temps normal, nous nous serions abstenus d’en faire état, pour éviter le biais d’enfants qui auraient pu être entraînés, soit dans les familles, soit dans les classes.

Cependant, le contenu des épreuves pose des problèmes bien plus graves que ce risque de bachotage :
- Textes de lecture comportant tous des pièges importants de compréhension, même pour un bon lecteur.
- Evaluations en janvier sur des compétences qui relèvent de la fin du programme de CM2,
- Temps de passation très réduit, et multiplicité excessive des exercices demandés dans chaque séquence,
- Mode de notation qui attribue le score de zéro à l’enfant qui aura fait une seule erreur sur six de la même manière que s’il avait tout faux.

Ces évaluations semblent donc conçues pour mettre en difficulté les meilleurs élèves, et refuser toute chance de réussite aux élèves moyens. Elles enfonceront pour de mauvaises raisons les élèves en difficulté.

Il nous sera difficile d’expliquer aux familles les résultats catastrophiques obtenus., cela dans un contexte de dénigrement constant de l’école. Nous n’avons aucune certitude quant à la confidentialité des résultats. Nous ne pouvons que nous inquiéter d’une possible mise en concurrence des écoles sur de telles bases, qui n’auraient que des effets néfastes : les écoles les mieux cotées seront celles qui sélectionneront le mieux leurs élèves, pas celles qui les feront progresser le plus.

Il nous a donc semblé important de proposer les éléments d’analyse ci-dessous, pour étayer ces propos et permettre une réflexion de tous.


CONTEXTE :

Epoque de passation :

- L’évaluation de début 6ème permettait de mesurer le niveau de élèves au terme de l’élémentaire.
- A présent, ils sont évalués au milieu de l’année CM2... Avec sommation de les remettre à niveau d’ici juin. Sans doute un bon moyen d’alimenter les fameux stages de vacances...

Il va de soi que les élèves en grande difficulté en CM2 ont sans doute été détectés les années antérieures. Ils ont probablement bénéficié d’aménagement, de soutien de toutes sortes... Sans que cela ne solutionne tout, puisqu’ils sont toujours à la traîne en CM2. Mais là, hop ! Deux semaines de stage, et tout sera réglé.

Conditions d’application :

- Grand renfort d’inspecteurs de circonscription (IEN), inspecteurs généraux, qui se rendront le jour de l’évaluation dans des "écoles pilotes" dans chaque circonscription

(Source : Site café pédagogique)

Etrange tout de même que l’école pilote choisie dans notre circonscription ne présente qu’un seul CM1CM2... dont le maître est assez favorable aux réformes. Cela explique peut-être ce choix...

En revanche, il n’y a pas dans cette classe les 15 élèves requis pour toucher la prime de 400€ prévue pour museler les maîtres de niveaux concernés...

Dans ce type de classe, peut-être serait-il possible de faire subir l’évaluation à tel élève redoublant qui suit avec les CM1, pour atteindre l’effectif seuil et toucher quand même la prime ? Evidemment, cela risque de faire baisser le niveau de l’école... Aïe, choix difficile !


LES ÉVALUATIONS :

NB : Cliquer sur les vignettes pour agrandir. Pour les néophytes, sur PC, avec le "clic droit" de la souris, on peut l’ouvrir dans un second onglet... Pour plus de confort d’affichage, on pourra télécharger les livrets à l’adresse suivante : Livret du maître, Livret de l’élève

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Séquence 1 :

LECTURE :

Texte :

texte 1

Questions :

texte 1 questions

LE TEXTE : CELSIUS OU FARENHEIT ?

- Pas de titre,
- Aucun contexte
- Deux personnages : un enfant malade, et un narrateur.
- Les lecteurs avertis qui savent où est le Kilimanjaro peuvent trouver dans les références qu’on est en Afrique... Mais en réalité, il s’agit d’un recueil de nouvelles. Rien ne prouve qu’elles se déroulent toutes dans le même lieu.

On doit trouver en cours de lecture que le narrateur est le père de l’enfant. Celui-ci, pour tout simplifier, s’appelle "Schatz". (Ce qui veut dire chéri en Alsacien et en Allemand. Il faudrait vérifier dans le texte original. Il y a de bonnes chances que ce ne soit pas vraiment le prénom de l’enfant.)

Les dialogues sont donnés sans aucune indication précisant qui parle :

DEBUT DU TEXTE :

« De retour dans la chambre je notai la température du petit et inscrivis les heures auxquelles il fallait lui donner diverses ampoules.
- (Quelle chambre ? Qui c’est, "je" ? Quel petit ? On déduit des ampoules que le petit est malade, mais ce mode de soin n’est plus très usuel, l’élève moyen a des chances de se demander ce que des ampoules électriques viennent faire dans cette histoire).

- Pourquoi n’essaies-tu pas de dormir ? Je te réveillerai pour le médicament.
- (Mais qui est ce "je" ? Un autre personnage ? Le narrateur ?)

- J’aime mieux rester éveillé.
- (Bon, là, ça doit être l’enfant, puisque c’est lui qui est malade.)

Au bout d’un moment, il me dit :

- Tu n’as pas besoin de rester avec moi si ça t’ennuie, papa.
- (Alors là tout s’éclaire. Le narrateur (tu) est le père de l’enfant (moi). On suppose alors qu’il n’y a pas de troisième personnage dans le récit.)

Le père et narrateur s’en va donc faire un tour avec un jeune setter irlandais, dont on a la bonté de nous préciser qu’il s’agit d’un chien... Puis il revient :

Je pris sa température.

- Combien j’ai ?

- Aux environ de cent. dis-je.

Il avait cent deux et quatre dixième.
- (Là, averti ou non, on sursaute... et puis on se rappelle l’échelle Farhenheit qui n’est pas au programme des CM2. D’ailleurs, ce n’est même pas précisé que ce sont des degrés.)

- J’avais cent deux, dit-il.
- (Il ne faudrait pas non plus être trop clair, en ajoutant "ce matin", par exemple...)

- Qui l’a dit ?

- Le docteur.

- Ta température est très bien, dis-je. Il n’y a pas de quoi s’inquiéter.
- (C’est sûr, ça, quand on a 102° de température, pourquoi s’inquiéter...)

- Bon, le gamin, a un peu "le regard fixe". il se "raidit un peu intérieurement", il n’écoute pas bien ce qu’on lui lit... Il finit par demander quand il va mourir...

- Tu ne vas pas mourir. Qu’est-ce qui te prend ?

- Oh ! si, je l’ai entendu dire, cent deux.
- (Notons à nouveau la limpidité de la phrase)

- Et c’est seulement dans la suite du texte qu’on apprend qu’on est peut-être à l’étranger, ou bien alors, c’est qu’on en vient :

- A l’école, en France, les autres garçons m’ont dit qu’on ne pouvait pas vivre avec quarante-quatre de fièvre, j’ai cent-deux.
- (Difficile, tout de même, d’en déduire si on est en France ou non ! Personnellement, je croyais que oui, sachant que l’enfant ne s’exprimait pas très bien... La réponse attendue est non...)

- Pauvre Schatz, lui dis-je. (...) Tu ne vas pas mourir. Il ne s’agit pas du même thermomètre. Sur ceux-là, la normale est de trente-sept. Sur celui-ci, c’est quatre-vingt-dix-huit.
- (37 quoi ? 98 quoi ? C’est pourtant simple, il y a ceux-ci et puis ceux-là, et il suffit de comprendre "température normale" quand on parle de "la normale", expression délicieusement française...)

LES QUESTIONS :

Notons en particulier :

C- Quelle est la température normale du corps, mesurée avec un thermomètre utilisé dans le pays où vit le héros ?
- (Mais où vit-il, au fait ? Et bien, il faut comprendre que quand il dit "à l’école en France," ben c’est qu’il n’y est plus... Donc, la bonne réponse est 98 ! Eh oui, moi aussi, j’ai eu 0...)

Les autres questions ne sont pas de toute première simplicité non plus, même quand on a compris le texte.

Mais tout cela n’aura pris que 25mn.

DANS LA MEME SEQUENCE, IL RESTERA :

- 15mn pour rédiger une quinzaine de lignes dans lesquelles le petit garçon raconte son aventure à son meilleur ami.

Double peine : si l’élève n’a pas compris le texte, il a peu de chance d’écrire un récit cohérent... qui de plus, à la correction, "doit bien rendre compte du récit original."

- 5mn pour des questions de grammaire. Par exemple, dans les phrases suivantes, il faut souligner le verbe conjugué et le sujet :

Les arbres dénudés et les broussailles coupées semblaient vernis de glace.

Vous avez souligné seulement "arbres" et "broussailles" ? Bonnet d’âne ! La réponse est : "Les arbres dénudés et les broussailles coupées", pas autre chose. (Notez qu’on n’a pas parlé de groupe sujet...)

Et finalement sa tension intérieure se relâche.

Le sujet "tension" n’est pas la bonne réponse. il fallait souligner "sa tension intérieure"

Voilà, c’est tout pour les premières 45mn d’évaluation.

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Séquence 2 :

On attaque en forme pour relever en 3mn, deux compléments circonstanciels de temps et deux CC de lieu, dans six phrases du texte précédent, histoire de se souvenir à quel point on n’avait rien compris à cette lecture, la veille.

Après cette mise en jambes, on a 15mn pour un nouveau texte :

VISITE DE L’ETNA (1890)

Texte : Etna texte

Questions : Etna questions

Description, donc, de l’ascension de l’Etna, à grands coups de « fissure, plate-forme, nuée, soufre, prodigieux, effroyable abîme, circonférence, muraille... »

Un bon moyen de pointer les jeunes d’origine étrangère, ou de milieux modestes. On pourrait le suggérer comme test de lecture, pour sélectionner les candidats à l’immigration !

Enfin, après cette douloureuse grimpette on finit par arriver :

« On distingue à peine, à travers les vapeurs suffocantes, l’autre bord de ce trou monstrueux, large de deux cents mètres, et dont la muraille toute droite s’enfonce vers le mystérieux et terrible pays du feu.

La bête est calme. Elle dort au fond, tout au fond. Seule la lourde fumée s’échappe de la prodigieuse cheminée, haute de 3312m. »

Ben tiens, une bête dans un volcan...

Dans un texte documentaire...

Et en plus, il faut expliquer, question D, de quoi il s’agit...

Et éviter, question F, de sélectionner le titre : "Description d’un dragon", réponse considérée comme fausse, et judicieusement placée en première position...

Mais hop ! hop ! Trop tard ! Le quart d’heure est passé, c’est l’heure de la dictée :

DICTEE :

Travail de l’élève A, un peu étourdi, ou peut-être, un peu stressé :

Les enfants sont parti faire une promenade en bordures de foret. Les filles cherchent des champignons souvant caché sous les feuilles sèches, pendant que les garçons cueillent des framboises odorantes . Ils aimeraient bien voir des écureuils mais ces petits animaux ne se montre pas facilement. De retour à la maison, ils mangeront des crêpes, avec du sucre ou de la confiture.

CORRECTION :

itemsdescriptionerreurs relevéesscore
28 orthographe des mots d’usage courant "foret" 0
29 accords du groupe nominal "bordures" (au singulier dans le texte) "caché" 0
30 orthographe des mots invariables "souvant" 0
31 accord du verbe avec son sujet "parti" ; "se montre" 0

L’élève A aura donc 0 pour tout,

En revanche, l’élève B qui commence à peine à faire des progrès en français, et a commis l’horrible dictée ci-dessous bénéficiera du score de 1 pour tout :

Les enfant sont partis faire une promenade an bord dur de forêt. Les files chêrchent des champignons souvent kachés sous les feuilles saiches pendant que les garçons ceuyent des frenboises odorentes. Ils aimmerez bien voir des écureuilles mais ses petits annimaux ne ce montrent pas fassilement.

Deux retours a la maison, ils mengeront des craipes, avec du sucre où de la confiture.

C’était un bon jour pour lui, ses erreurs portent sur des mots non pris en compte dans la correction.

Source

Bon, Ca nous a fait 10 minutes de pause, cette dictée...

PASSONS A LA SUITE :

- 4mn pour l’exercice de conjugaison : passé simple/imparfait, choisir le bon temps, et l’écrire sans se tromper.

- 3mn pour l’exercice sur les homophones grammaticaux.

- 4mn pour trouver deux noms, deux articles (gare à ceux qui croient qu’on les appelle encore déterminants) deux adjectifs qualificatifs, un pronom personnel, un pronom relatif..

- 3mn pour mettre deux verbes à trois temps de l’indicatif... (1/6 erreur permise, sinon, c’est zéro)

- 3mn pour relever deux verbes à l’impératif, et deux verbes au plus-que-parfait dans un texte.

Fin de la deuxième séquence.

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SEQUENCE 3 :

Encore 45mn de bonheur :

- 5mn pour écrire des mots en respectant les accords.

- 2mn pour déterminer si un mot est utilisé au sens propre ou au sens figuré.

- 10mn pour copier un texte, exercice qui sera évalué à coups de massue :

La copie est complète et les mots correctement orthographiés... ("ne pas oublier les références du texte", disait la consigne orale). Une seule erreur, un seul oubli 0
La copie respecte la disposition, la présentation et la ponctuation du texte original un saut de ligne oublié 0
La qualité de la graphie est satisfaisante (On précise dans le livret du maître : formation et taille des lettres, attaches entre les lettres, en particulier pour la lettre "x") un "x" mal attaché 0

A ce stade de la correction, le maître se rappellera qu’il est évalué autant que ses élèves, et il reprendra peut-être sa correction à zéro... Ou regrettera de ne pas avoir refusé de faire passer cette évaluation.

Mais hop ! Hop ! Ce n’est pas fini !

- 2mn pour barrer les intrus dans deux listes de mots de même famille.

- 5mn pour classer des noms par catégories... en trouvant l’intitulé de deux de ces catégorie.

- 3mn pour trouver quatre noms de formes géométriques, quatre noms de sports.

LECTURE :

- 18mn : quatre documents sur le musée d’Orsay, avec des questions pas simplissimes :

Documents :

Orsay documents

Questions :

Orsay questions

Exemple de question :

  • D/ Un couple et leurs deux enfants de 10 et 16 ans veulent visiter le musée d’Orsay, en nocturne. Quel jour de la semaine doivent-ils choisir, et combien vont-ils payer ? J’ai bien trouvé "jeudi", j’ai bien vu qu’aucun des enfants ne payait, mais j’ai oublié de relever que tout le monde avait droit au tarif réduit le jeudi soir : (0 à l’item)

Fin de la troisième séquence.

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Il reste encore trois séquences de mathématiques !

Je vous en fais grâce.

Sachez simplement qu’il faut avoir acquis tout le programme de CM2, si on veut espérer réussir...

Notamment :
- la division des décimaux,
- les aires complexes,
- la proportionnalité...

Qui se placent normalement plutôt en dernière période.

- Voir l’analyse de l’épreuve de mathématique par Roland Charnay, formateur à l’IUFM


CONCLUSION :

Voici donc les évaluations dont les résultats seront largement relayés par la presse.

Nous pouvons déjà proposer les titres des journaux :

EVALUATIONS EN CM2 :

LE LAMENTABLE NIVEAU DE L’ELEMENTAIRE FRANÇAIS...

Et là, on n’aura plus qu’à applaudir notre héros à tous, qui réforme si bien et va nous sauver de l’ignorance...

Et pour organiser ce coup ce pub, on aura fait subir à tous les élèves la violence d’une pseudo évaluation où même les meilleurs se trouveront en difficulté... Et on les achèvera en appliquant un mode correction imbécile, à coup de ’tout ou rien".

Pour l’élève un peu fragile, une telle épreuve a de bonnes chances de réduire à néant toute la confiance en soi qu’on avait pu patiemment construire avec lui jusque là...

Pour les écoles, on publiera les résultats de ce test organisé pour obtenir un niveau alarmant... Gageons que les écoles élitistes, qui savent sélectionner leurs élèves, auront tout de même de moins mauvais résultats que les autres . Cette possibilité de tri existe depuis toujours dans les écoles privées. Elle sera bientôt élargie aux écoles publiques, grâce à la prochaine suppression de la carte scolaire.

Que deviendront les élèves dont personne ne voudra ?

Les résultats de ces tests pourront permettre également de dire que vu leurs résultats catastrophiques, on ne s’occupe pas efficacement des élèves, en ZEP... Donc, que les moyens qui y sont affectés sont inutiles...

Bravo à ceux qui sont arrivés jusque là, et excuses pour ces articles un peu denses... C’est difficile d’expliquer ces choses-là en deux phrases...


INFORMATIONS COMPLEMENTAIRES :

Page d’accueil du site 4tous.net :

- http://4tous.net/ecoledemain/

Sur les évaluations CM2 :

- Le diaporama de présentation des évaluations ce1 cm2 par le ministère., pour relever l’écart entre le discours et les faits.

- Des précisions officielles sur les objectifs de ces évaluations.

- Évaluations de CE1 et CM2 : « un outil de pilotage du système éducatif » pour la Dgesco.

- Les livrets d’évaluations et autres document, notamment des lettres d’enseignants avertissant leur inspecteur qu’ils ne feront pas passer les évaluations.

- Evaluations CM2 : Infos pour le Puy de Dôme.

- Evaluations CM2. Rififi dans l’Hérault : les parents s’en mêlent !

Une enquête tout aussi détaillée sur l’enquête PIRLS :

- PIRLS 2006, le mensonge du déclin de la France.

- PIRLS : Une enquête internationale pour les enfants de 9 ans.

Bonne lecture !


Commentaires  (fermé)

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jeudi 12 mars 2009 à 22h55, par  moka

Ce que vous décrivez est très triste pour votre enfant, elle ne devrait pas avoir à vivre ça. Peut-être est-il possible d’établir un dailogue avec son enseignante, lui faire comprendre le ressenti de votre enfant.

C’est ce type de situation qui risque malheureusement de venir la norme, et que nous cherchons à éviter.

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mercredi 11 mars 2009 à 22h45, par  judo

Notre fille a également passé les tests sans que nous soyions ne serait-ce que informés de ces tests.Elle a obtenu 50 pour cent !!!Ce qui est incroyable, c’est que suite à l’annonce des résultats, nous nous sommes vus proposer un soutien scolaire pour elle, alors que jusque là, ses notes oscillaient toutes matières confondues, entre 12 et 20 sur 20 !!! C’est amusant l’étiquette de "nulle " que son enseignante lui a attribuée, et depuis, elle est notée beaucoup plus sévèremment, et ses notes ne dépassent plus les 13/20. C’est aussi amusant de voir que l’enseignante panique et a multiplié la charge de travail par 2 depuis l’annonce des résultats de sa classe ...
Que penser de tout cela ?
J’ai eu accès au livret de notre fille, elle avait des démarches souvent très intéressantes dans la résoltution de problèmes avec des résultats faux, donc 0.

POur le reste, elle a obtenu 9 / 10 en orthographe alors qu’elle est plutôt nulle d’habitude en dictée !!! C’est vraiment des foutaises ce livret .

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vendredi 27 février 2009 à 22h23, par  Cheval Lyonnais

Ma fille m’a dit que ses évaluations était dure surtout à cause du temps mais elle a tres bien réussi, mais pour les élèves qui ont du mal cette évaluations était très dur.

samedi 14 février 2009 à 10h22

Il ne s’agit pas d’opposition politique, ni de rejet de principe...

Encore une fois, les évaluations ont leur utilité. Depuis plus de dix ans d’évaluations au début de la 6eme et du CE2 qui se déroulaient sans problèmes...

C’est difficile d’avoir à répondre sans cesse aux avis de personnes qui ne se soucient aucunement de lire arguments et témoignages.

Les thèmes récurrents de ces détracteurs sont un peu répétitifs :
- L’enfant qui est bien suivi, et qui a réussi les épreuves.
- Les enseignants qui, contre toute évidence refusent d’être évalués... pour cacher leur incompétence.
- Le système scolaire qui est en faillite et "fabrique des crétins".
- Les réformes en cours qui permettront d’obtenir une plus grande équité et efficacité du système, alors qu’elles ne sont qu’un habillage à la réduction de moyens.

Pour ceux que ça intéresse, les articles de ce site essayent de sortir de ces polémiques, de s’appuyer sur des données tangibles et dans la mesure du possible, objectives, pour démontrer que la réalité est tout autre...

Libre à chacun de s’y intéresser ou non.

Logo de évalué toute notre vie...
vendredi 13 février 2009 à 20h43, par  évalué toute notre vie...

Et si cette évaluation permettait tout simplement de trouver de meilleurs outils... Aider les enseignants, à aider les élèves.
Je ne comprends pas votre réprobation...

De plus, on sait très bien que le milieu social influe sur le niveau des élèves. L’école est essentiel, mais ce n’est pas tout...
Comme quoi, les professeurs des écoles ne sont pas responsables de tout... Ils aident, encadrent, orientent. Développent des qualités diverses. Des pédagogues !
Pourquoi vous sentir visés ? Vous faites au mieux, on le sait !!! Il manque des effectifs, des aides pour vous seconder.
Cette évaluation, si elle est bien utilisée, analysée, ce ....sans polémique.
... pourra servir pour les années futures...

Il vaut mieux connaître maintenant, les carences de demain...

Et avec ou sans ces notes, les élèves savent si ils sont "Bons" ou "pas"...

A 10 ans, le profil est déjà à moitié tracé... En douteriez vous ?
Donc, ...
Arrêtez de critiquer, et profiter de ces outils pour AVANCER et AIDER les enfants !

J’ai bien peur que, sans l’ombre d’un doute et sans le moindre recul, vous êtes contre, pour des raisons Politiques...
Pensez à penser en personne libre !

C’est ce que je m’efforce de faire.

Dans l’école de ma fille, la maîtresse a très bien présenté "l’épreuve" aux élèves... Cela se substituait à un contrôle classique.
Une vérification, comme ont dit les enfants.

Cordialement.

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mercredi 11 février 2009 à 11h58, par  moka

Réponse au message de LaurenceB, le 10 février.

Outre tous les défauts de ces évaluations qui sont détaillés dans cet article, vous en avez pointé le problème majeur.

Une évaluation qui cherche à identifier des manques et à permettre à l’enseignant de situer sa classe par rapport à la norme nationale a son utilité dans les écoles.

C’était le mode d’application des évaluations CE2 et 6 eme.
- On pouvait en retirer des renseignements intéressants sur tel élève en difficulté en début de cycle, et s’appuyer dessus pour traiter les difficultés décelées.
- On pouvait aussi positionner le niveau de sa classe par rapport au niveau du secteur, du département, du pays.
- On pouvait de même discuter de es résultats avec les collègues des niveaux supérieurs, y compris du collège, et faire évoluer sa pratique en mettant l’accent sur les compétences un peu trop faibles.

Mais dans la proposition actuelle, l’objectif est tout autre :

Il s’agit d’utiliser ces résultats :
- pour mesurer réellement le niveau d’un élève et décider en partie de son avenir, comme vous êtes en train de vous en apercevoir,
- pour mesurer l’efficacité des enseignants,
- pour mesurer le niveau des écoles...

Certains ne se privent pas de se moquer de ces "enseignants qui refusent d’être évalués." Nous sommes évalués, régulièrement, par nos inspecteurs, et également par le devenir de nos élèves.

Mais nous sommes nombreux à penser que la mise en place de ces nouvelles évaluations est au mieux inutile, au pire pour les élèves et pour les écoles.

Elles posent en effet deux questions :
- La première question est : est-ce qu’un examen à une date précise est le meilleur moyen de rendre compte de façon juste du travail d’un enfant, d’un maître, d’une classe ?
- Nous pensons que non : un examen ne permet pas de mesurer de quelle manière une école a réussi à faire progresser ses élèves. Si on ne s’intéresse qu’au résultat final, on favorise les écoles qui ont la possibilité de trier leur public.

- La deuxième question est : dans le cas où ces évaluations doivent prendre le statut d’examen, peut-on se contenter d’un fonctionnement où l’examinateur est juge et partie : il est lui-même évalué sur les résultats que ses élèves obtiennent.
- Evidemment non !
- Il faudrait alors instaurer de vraies conditions d’examen...
- Pour quel bénéfice réel ?

Le rétablissement d’un examen à la sortie du cm2 deviendrait très un outil pour restreindre l’accès au collège.

Nous pensons qu’il est plus profitable à l’ensemble de la population d’organiser les collèges pour une réelle prise en charge de tous les enfants ayant l’âge d’y rentrer...
- En rétablissement effectivement une vraie mixité sociale dans tous les établissements,
- En améliorant la formation des professeurs, leur donnant la capacité de gérer réellement l’hétérogénéité des classes,
- En ne remettant pas en cause, comme c’est le cas actuellement, par des restrictions de volumes horaires, les projets permettant un suivi particulier pour les élèves en difficulté au collège.

Logo de LaurenceB
mardi 10 février 2009 à 20h35, par  LaurenceB

Ma fille ,en CM2 dans la seule école (publique) de la commune, a passé ces tests d’évaluation nationaux. On nous a dit que ses tests seraient anonymes, que seul l’enseignant et les parents auraient accès aux résultats (sauf pour des résultats départementaux et nationaux qui seront publiés). J’ai bien entendu les réticences des enseignants, concernant le choix du mois de janvier (les programmes ne sont pas terminés), le système de notation et leurs craintes que ce soient les enseignants eux-mêmes qui soient notés à travers ces tests. En toute honnêteté, rien qui n’a empêché de dormir le parent d’élève que je suis.
Sauf qu’hier, j’ai eu accès aux résultats de ma fille qui sont moyens (59, rien de dramatique) et qu’on nous a annoncé que ces résultats figureraient dans le dossier scolaire de nos enfants : et là, j’ai quand même l’impression que sommes roulés dans la farine.
Si il s’agit de faire une évaluation nationale, alors il faut le faire dans les règles comme lorsqu’il s’agit du brevet des collèges ou du bac, ce qui n’est pas du tout le cas : les copies ne sont pas anonymes, elles sont corrigées par l’enseignant de la classe, c’est lui qui respecte où non les consignes très strictes de correction (sans aucun contrôle) et surtout, les exercices ont circulé sur Internet avant même la semaine de test.
Du coup, on apprend par ci, par là, que certains enseignants ont fait travailler leurs classes sur les exercices la semaine précédente, que certains parents ont fait la même chose à la maison.
Résultats : parce l’enseignante de ma fille a respecté les règles en ne dévoilant pas les tests avant le 19 janvier, parce qu’elle a respecté les règles concernant les consignes de notation sévère, parce que nous avons respecté les règles en ne téléchargeant pas les tests à la maison, notre fille aura dans son dossier scolaire une note qui n’a pas grand sens.
Le dossier scolaire à peu d’importance me direz-vous. Malheureusement, nous sommes rattachés à un collège, qui outre une mauvaise réputation, n’est pas le plus proche de notre domicile et nous allons donc faire, comme quasiment tous les parents d’élèves de la commune, une demande de dérogation pour l’inscription au collège le plus proche. Quelle sera la conséquence des résultats de ces tests lorsque les dossiers seront examinés ?
Je n’en sais rien, mais dans le doute, j’aurai du garder ma fille à la maison, elle aurait eu la mention "absente" dans son dossier scolaire ce qui aurait sans doute été largement préférable !!!
J’ai été naïve et je le regrette...

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lundi 9 février 2009 à 20h08, par  Anne B

PS Et même qu’en plus la dernière de mes 3 filles (d’où ma retraite à 50 ans...), j’ai cru qu’elle n’arriverait jamais à apprendre à lire ! Comme quoi, on peut avoir passé sa vie à l’école (mes parents étaient instit) et ne pas pondre des "scolaires" hi hi hi !
Re Anne

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lundi 9 février 2009 à 19h17, par  Anne B

Bonsoir
Voilà, j’ai eu enfin le temps de regarder les résultats de ces fameuses (non pas trop bon gout ce truc) évaluations...
Ben finalement... Ca s’étale de 73 % à 21% de réussite avec une moyenne aux alentours de 40 % en français et de 67 % à 12,5% en maths avec une moyenne de 37 %, voilà, je vous livre les résultats bruts, certains vont me faire harro sur le baudet (qu’en peut déjà plus le baudet !), d’autant que les résultats des évaluations de 6ème sont pas toujours terribles... ben voui, mais nous on fait plein de trucs qui sont pas évalés (promis, dès que je suis à la retraite, 18 mois, youpi, je prends des cours du soirs pour améliorer mes phrases négatives !)
N’empêche que je n’avais pas la vocation, j’avais dit je fais mes 10 ans et si ça ne me plaît plus, je reprends mes études d’histoire (j’ai une license, passée en 1984, en même temps que l’école normale de filles), et je suis toujours là, et quand je serai à la retraite,(youpi) je retournerai dans ma petite école de campagne à 3 classes primaires, pour faire les sciences, l’histoire, la géo, l’art plastique, des balades, la musique, la poésie et j’en passe et des pas mures... parce que moi, les gosses, j’adore ça, mais la paperasse, CA ME GONFLE !!!
Tout plein de courage aux petits nouveaux, et bisous aux autres...
Anne la campagnarde qui a quand même eu 17,5 à son inspection de janvier au 8ème écehelon de prof des écoles (j’ai demandé sur le tard, j’aimais mieux être institutrice, je trouvais ça plus "glamour") !!! Même que j’étais fière dans ma coquille, et na !

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lundi 9 février 2009 à 15h23, par  moka

Ah ...

- Le bon sens...
- La "vraie institutrice" qui ne se sauve pas de l’école à 16h 30, ni à 18h30.. qui s’implique personnellement, a du talent et de la vocation...
- Et puis le rejeton qui y arrive et dont on est fier... à juste titre.

En filigramme, l’insinuation que ceux qui tentent une analyse ont quelque chose à cacher... et sans doute, ne sont pas des enseignants dignes de ce nom.

Comprendre, peut-être :
- qu’ils n’ont pas, eux, la vocation,
- qu’ils ne s’impliquent pas personnellement,
- qu’ils n’ont peut-être, si ça se trouve, même pas de talent...

On pourrait aussi faire l’effort d’imaginer que certaines classes accueillent un public moins trié sur le volet... et que les enseignants y déploient une énergie bien plus grande qu’ailleurs pour permettre aux enfants d’entrer, tout de même, dans les apprentissages.

C’est bien sûr plus facile avec des enfant qui, comme la vôtre, sont motivés à la maison par des parents qui ont eux-même réussi, et croient aux bienfaits de l’instruction.

Nous n’avons pas que ce type d’enfants dans nos classes. Le mieux serait peut-être de renvoyer ceux qui ne nous conviennent pas et font baisser la moyenne. Certaines écoles privées peuvent se permettre cette politique. C’est un moyen efficace d’être bien vu par les parents...

moka

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lundi 9 février 2009 à 14h57, par  Gorgeous Cap

Bravo !
cela au moins, est rafraichissant et plein de bon sens.
Effectivement, toute notre vie nous apprenons, nous améliorons, et ... sommes jugés, par nos pairs, nos supérieurs hiérarchiques.
Pour un enfant, le traumatisme n’est pas "la mauvaise note " (cette crainte-là, ab initio, c’est celle du parent, qui n’a pas envie de devoir avouer à ses voisins, amis, etc, que son rejeton, en qui il place tous ses espoirs, n’a eu "que" 77 à son évaluation nationale : bouh, haro sur le cancre !) ; pas la mauvaise note, donc, mais sa cause, c’est à dire le fait de ne pas avoir appris, ne pas avoir compris.
Apprendre aux enfants à apprendre et comprendre, cela s’appelle la pédagogie, et c’est le boulot ... des enseignants !

Ma fille est en CM2 et vient après avoir passé la 1ère partie de sa scolarité dans une école que je qualifierai de "modeste", d’intégrer un établissement dont le niveau est sans commune mesure (je vous fais grâce de la définition du terme "niveau", tout ceux qui acceptent de ne pas prendre des vessies pour des lanternes savent ce que je veux dire).
C’est une élève moyenne, pas surdouée pour deux sous, et tout mon "enseignement" de parent, a été de lui dire que la seule valeur, c’est le travail. Elle travaille, donc, beaucoup, avec opiniâtreté, et après deux mois, elle a intégré les réflexes de sa nouvelle classe, tout en conservant des lacunes structurelles, en méthodologie.
De son côté, l’enseignante, une vraie institutrice (oui, je sais, maintenant on dit "professeur des écoles" : ça change quelque chose ?), une vraie institutrice digne de cette école de la République, avec tout ce que cela implique de renoncement (elle ne se sauve pas de l’école à 16h30, ni même à 18h30), d’implication personnelle, et de talent, bien sûr, celui que donne la vraie vocation, a avancé le programme.
Mi-janvier, tout le programme de CM2 avait été couvert (cela a permis de faire ces évaluations, vous me suivez ?) et le reste de l’année va être consacré à de l’approfondissement.

Alors, question : je suis passée d’une validation du principe même de l’évaluation, des élèves, des écoles, et des maîtres, à un constat : c’est que dans l’ancienne école de ma fille, les choses ne se seraient pas passées de cette façon et l’établissement comme un seul homme aurait tenté de désamorcer les évaluations : Pourquoi ? Y aurait-il quelque chose à cacher ?

Un parent obtus (et content des 84 points de sa fille à l’évaluation, obtenus en grande partie grâce à un enseignement de qualité)

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lundi 2 février 2009 à 13h14, par   Anne B

Bonjour

Le problème n’est pas "les enseignants bullent-ils à longueur de journée ?", monsieur le papa de Julie... Ils se remettent en cause tout seuls, sans avoir besoin de personne et quand bien même ils n’auraient pas trop envie, les valses des programmes, à 3, 4, 100, mille temps...ne leur en laissent pas trop le choix.

Le problème posé est, si tout le monde a acquis en janvier 2009 un programme mis en place en septembre 2008, que fait-on ? On commence la 6ème ? Ca se faisait quand j’étais élève, la maitresse nous avait fait commencer les maths "modernes", et oui je date !

Plutot que de dépenser un fric fou dans des livrets d’évaluation à qui on va faire dire ce qu’on veut, ne peut-on pas nous donner des moyens d’enseigner à tous les élèves et pas seulement à ceux dont les parents sont très fiers de dire que ces évaluations étaient vraiment faciles...

Ces évaluations n’ont pas plus de valeur que celles que l’on a d’habitude, pour la même raison, certains suivent les consignes, d’autres les adaptent, plus de temps, plus d’explication, exercice fait au brouillon, ... ce ne sont pas des évaluations nationales, ce sont des exercices à adapter à votre bon vouloir, mais cela s’est toujours fait, il n’a jamais fait bon être le petit dernier de la circonscription !

Moka, moi aussi, l’élève de troisièmes (elle en aura surement besoin) qui trouve que le texte étant en chinois mais les questions en français donc c’était facile d’y répondre ça m’a bien fait rire...

Bonne journée à tous
Anne

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dimanche 1er février 2009 à 22h32, par  moka

Réponse au papa de Julie : Peut-être étiez-vous si pressé de vous exprimer que vous en avez oublié de lire le contenu de l’article. Ce n’est pas grave. Vous le lirez si vous avez le désir et le temps...

Les enseignants ne craignent pas d’être évalués... Ils le sont tous les trois ans en élémentaire par leur inspecteur, et sont notés. Ils évaluent leurs élèves à chaque période. Ils appliquent depuis des années les évaluations nationales et s’attachent à en tirer les conclusions utiles... Et améliorer leur efficacité.

Pour le reste, si l’enseignant de votre fille a réussi à aménager ces évaluations dans leur durée de passation, leur notation, le choix des items à faire subir, pour ne pas créer un trop grand stress chez ses élèves, tant mieux. Peut-être qu’il a eu la chance d’être alerté à l’avance par quelque collègue vigilant.

moka

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dimanche 1er février 2009 à 20h09, par  julieCM2

bonjour monsieur,je m"appelle julie et c’est mon papa qui écrit pour moi. Je suis en cm2 et toute notre classe a fait les évaluations. C’était un peu dur mais pas trop et mon maître a dit que c’est bien, tout le monde a bien travaillé. Je sais pas pourquoi les adultes sont tous en colére car toute l’année on fait des contrôles en classe et des fois c’est difficile. Alors faut pas vous énervez pour si peu car comme dit mon papa : "ma chérie, les évaluations tu en auras toute ta vie, même plus tard dans ton travail et des fois tu réussiras et des fois tu échoueras. Mais tu sais on apprend beaucoup plus de ses échecs si tu travailles derrière pour ne pas les renouveler". Alors moi je dis à tous les maîtres et les maîtresses que c’est pas grave si ils ont échoués à l’évaluation car l’important c’est qu’ils fassent pas 2 années de suite les mêmes erreurs avec leurs éléves et qu’ils sachent se remettre en question pour avancer et progresser.
Merci et au revoir monsieur
Julie

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mardi 27 janvier 2009 à 22h49, par  Sylviane, maman dans l’Isère

Merci à vous Marie pour cet éclairage et ce point de vue d’une enseignante en Psychologie. Votre message, comme beaucoup d’autres aussi sur ce site, me rassure et me conforte sur le bien-fondé de notre "soulèvement" de parents contre ces évals CM2 2009 mais, en même temps, il m’inquiète et je m’alarme encore davantage à voir chaque jour s’installer dans notre Douce France "l’asphyxie des libertés" dont vous parlez. Pour les pétitions, j’en profite pour vous faire connaître à tous l’existence d’une pétition en ligne sous http://4tous.net/petitions/index.ph... "NON AUX EVALS CM2 : PARENTS DE CHARANTONNAY EN COLERE" initiée par les Parents d’Elèves de Charantonnay (38-Isère). Votre soutien et signature nous encourageront à poursuivre l’action et à ne pas céder aux intimidations ou menaces dont nous sommes l’objet (voir mon commentaire du 21/01 sur ce site). Restons mobilisés toutefois aussi sur le reste des points de la Réforme Darcos (RASED, EPEP, formation IUFM....) en soutenant les enseignants lors de la Grève nationale de ce jeudi 29/01. Courage à votre fille, Marie, et à tant d’autres enseignants en zone difficile (ZEP ou autres) qui voient leur travail et leur investissement professionnel et personnel de tant d’années pour accompagner de leur mieux les enfants en difficultés, anéantis en quelques coups de crayons de réforme non concertée qui leur supprime les RASED, leur impose les évals avec moins d’heures de classe et des programmes plus lourds... mais où va-t-on ?? et les enfants dans tout ça ??

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mardi 27 janvier 2009 à 17h44, par  moka

En réponse à Anne B...

Les résultats ne seront pas très franchement catastrophiques, car parmi les enseignants qui ont finalement fait passer ces tests, je pense qu’aucun n’aura appliqué les règles strictement.

Aucun n’a pu se résoudre à faire subir à ses élèves pareille absurdité. Ils n’ont pu se résoudre à les exposer aux effets néfastes que ce type d’épreuve peut avoir pour les élèves sur l’estime de soi et la confiance dans leur capacité à progresser...

Tous auront tenté d’aménager les choses d’une manière ou d’une autre : temps de passation plus long, petite révision préalable, mode de correction plus juste...

De toute façon, il n’est pas sûr que dans le contexte actuel, de nombreux résultats négatifs auraient réellement imposé une réflexion de la part de nos dirigeants. La réponse logique aurait été :" inscrivez-les donc en soutien, en stage... Vous voyez bien qu’ils ne savent rien..."

C’est pourquoi nous avons choisi d’essayer d’alerter l’opinion avant la passation...

En réponse à Marie...

Les gens compétents ont été écartés un revers de manche. Tenter une réflexion pédagogique vous expose aujourd’hui aux insultes et aux quolibets :vouloir être pédagogue, c’est se faire traiter de pédagogiste... Et de nos jours, cette appellation vous disqualifie sans recours. C’est dans cette ligne d’idées, qu’on projette de fermer les Instituts de Formation des Maîtres.

Pour ce qui est d’agir :

On trouve sur internet de nombreuses pétitions, dont :

L’Appel des appels :
- http://4tous.net/ecoledemain/spip.p...

Et aussi un site qui avait réuni de nombreuses signatures, avant d’être mystérieusement détruit... Il est de nouveau en ligne ::
- http://www.darcos-demission.org/

On peut également rejoindre un collectif local d’action pour la défense de l’école :
- http://4tous.net/ecoledemain/spip.p...
- Site de regroupement des collectifs :
- http://www.agnationale.org

Et participer aux actions locales ou nationales en cours.

L’école est l’affaire de tous, mobilisons-nous !

moka

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mardi 27 janvier 2009 à 17h22, par  bdesroches

Pour pendre contact avec nous et nous faire passer un doc, il faut utiliser le formulaire de ... contact, dans la colonne de gauche !

Logo de Anne B
mardi 27 janvier 2009 à 12h44, par  Anne B

Bonjour
Je suis d’accord avec Marie, seul un résultat aberrant, mais juste, peut montrer que ces soit disant évaluations n’ont aucune valeur.
J’ai reçu d’une copine un diaporama très sympa qui montre exactement les failles et l’absurdité de ce truc... mais je ne vais pas savoir comment vous l’envoyer.
Pas encore eu le temps de regarder les résultats, je vous tiens au courant de ce que j’ai obtenu, d’utile et d’inutile, prévoyez une petite colonne pour l’utile, une grande pour l’inutile !
Bonne journée à tous
Anne, rurale de sa campagne normande (meuh)

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lundi 26 janvier 2009 à 22h37, par  Marie

Ma fille, passionnément enseignante en CM2 dans une école "difficile", m’a transféré le message "évaluations en CM2, un champ de mines". Elle est à la fois très en colère et désespérée, à cause de la violence faite à ses élèves par le bais de ces évaluations et de l’effet dévastateur qu’elles ont eu sur eux. Du coup, j’ai tout lu. Tout le contenu de vos articles. Et je suis atterrée. Ex-enseignante en Psychologie à l’Université, j’ai à cette époque donné des cours sur l’évaluation, la docimologie, etc. Si elles n’avaient un tel pouvoir potentiel de nuisance, je dirais comme mes fils que ces évaluations ridicules sont "à se pisser dessus" ou à mourir de rire. Dans le domaine de l’évaluation, quand les résultats sont massivement mauvais, on commence par suspecter l’outil de mesure. J’espère qu’il reste dans nos média des gens capables de cette réaction salutaire. Le bonnet d’âne est à décerner aux auteurs (qui sont-ils ?) de cette ineptie qu’ils osent appeler Evaluation. Pour mémoire, il existe des gens très compétents en la matière, mais ce n’est manifestement pas à eux qu’ON s’est adressé.
Il me semble toutefois que cette farce appellerait une réactions unifiée de la part des enseignants résistants : certains ont boycotté, d’autres ont fait passer en collectif et rentreront 10 partout, d’autres se résignent à rentrer un vrai zéro pour tous leurs élèves. J’imagine que ce que j’ai lu sur votre site est représentatif des réactions au niveau national. Au point où nous en sommes, j’espère que les résultats seront très franchement catastrophiques partout, ce qui démontrerait pas l’absurde l’inanité de l’épreuve.
On peut enfin se demander s’il existe des objectifs très cachés et pas du tout avouables derrière tout ceci. Vous en énumérez certains. J’étais jusqu’à présent relativement optimiste sur la capacité de notre cher pays à résister aux diverses tentatives de mise en coupe réglée ou d’asphyxie des libertés. Je vais devoir commencer à m’inquiéter. Elles ont où, les pétitions à signer ?

dimanche 25 janvier 2009 à 12h31

Vous pouvez toujours faire un courrier personnel à l’inspection académique.