Formation des maîtres : les Universités remontent au créneau.

lundi 25 janvier 2010
par moka
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22 janvier : Appel des Conseils Centraux de l’Université Paris VIII.

Une fois de plus, les ministères concernés par la réforme de la formation et du recrutement des enseignants du premier et du second degré ont décidé de ne tenir aucun compte de l’avis unanime de la communauté universitaire.

Tous les textes rendus publics depuis un mois, du cadrage général de la réforme à la circulaire sur le contenu des épreuves des concours, confirment malheureusement ce que l’on pouvait craindre.

Malgré le refus inédit par la quasi unanimité :
- la Fédération des Conseils de Parents d’Elèves (FCPE),
- la Conférence des Présidents d’Universités (CPU),
- des membres du Conseil National de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, (CNESER), le 21 décembre dernier (seuls l’UNI et le MEDEF approuvant le texte gouvernemental),

- malgré la dénonciation par tous les syndicats des décisions prises,
- malgré les condamnations de cette politique par près d’une trentaine de conseils centraux d’université,

les ministères entendent poursuivre leur démarche de destruction programmée du contenu disciplinaire et professionnel de la formation des futurs enseignants.

Les Conseils Centraux de l’Université Paris 8 réunis en séance commune dénoncent avec la plus grande fermeté les arrêtés et circulaires rendus publics depuis un mois sur cette question, dans la continuité de leurs prises de position précédentes.

A l’instar de l’Intersyndicale de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, unanime, ils considèrent que cette réforme est inacceptable et que les décrets doivent être abrogés.

De fait, il est tout simplement impensable de satisfaire les obligations contradictoires de calendrier (concours en début de Master 2 (bac +4) et de contenu de la formation telles qu’elles sont édictées par les textes officiels : il n’est pas sérieux de demander aux étudiants la même année
- de faire des stages,
- de préparer en quelques mois

  • un master recherche,
  • un mémoire,
  • un oral de concours (voire de plusieurs concours),

sans compter une initiation aux relations internationales, à l’administration de l’éducation nationale et bien sûr une réorientation anticipée en cas d’échec au concours.

Les Conseils Centraux de l’université Paris VIII considèrent par ailleurs qu’il est impensable qu’une telle réforme engage, sans rien en dire, la suppression des IUFM et de leur potentiel d’expertise pédagogique, ne dessine aucun cadre national, au risque de très grandes disparités territoriales, ne prévoit aucun dispositif d’aide sociale aux étudiants, renforçant la précarité des étudiants.

De ce fait, cette réforme aggrave ainsi encore les dispositions qui avaient suscité la forte mobilisation de l’an dernier et va renforcer les logiques de précarisation de l’emploi.

Les Conseils Centraux de Paris VIII affirment qu’une telle réforme menace l’Education Nationale dans son fonctionnement et dans ses fondements.

C’est pourquoi, désireuse de continuer à défendre une formation conciliant les exigences scientifiques et les apports professionnels nécessaires aujourd’hui aux métiers de l’enseignement et de l’éducation, l’assemblée générale des trois conseils réunis ce vendredi 22 janvier décide que l’Université Paris VIII :

- ne change rien à son offre de formation en master ;
- continuera, sur la base de son attachement à une formation cohérente des futurs enseignants, à proposer aux étudiants de vraies préparations à l’enseignement dans le premier et second degré ;
- ne prêtera pas son concours à l’organisation des stages qui, tels qu’annoncés par le ministère, sont inefficaces et dangereux.

Cette réforme s’inscrit dans un environnement rendu par la LRU fortement concurrentiel.

Les conseils centraux de l’Université Paris VIII considèrent nécessaire et indispensable que s’affirme une convergence entre les universités, sur le plan national comme académique, sur les propositions énoncées ici, afin que leur point de vue soit enfin pris en compte par le ministère.

Ils appellent toutes les universités françaises par l’intermédiaire de leurs conseils centraux à prendre ainsi une position commune.

Source : Université Paris VIII en grève.

25 janvier : motion de la coordination Nationale des Universités.

La parodie des épreuves écrites de l’automne 2010 n’aura pas lieu !

- 28 établissements présents
- 12 syndicats, collectifs, sociétés savantes, associations

Nous, enseignants, chercheurs, formateurs, engagés dans la préparation des concours et universitaires soucieux de l’avenir des étudiants, de la formation des enseignants et du service public, réaffirmons notre attachement au recrutement des enseignants par concours de la fonction publique et nous engageons à sauvegarder la qualité et la crédibilité de ces concours qui garantissent le statut et l’indépendance des enseignants.

Or, tous les acteurs de la communauté éducative (Universités, CNESER, syndicats, associations, CPU…) constatent que les dispositions relatives à la réforme dite de « masterisation » créent une situation impossible, particulièrement intenable pour la session 2010-2011 des concours de recrutement des enseignants du primaire et du secondaire.

[...]

Pour faire échec aux réformes en cours, la communauté universitaire s’engage à :

- 1/ faire voter dans les conseils d’UFR, les conseils d’école des IUFM et les conseils centraux des motions reprenant l’Appel des trois Conseils centraux de Paris 8 ou toute autre formulation prenant position clairement contre la mise en œuvre de la réforme ;

- 2/ ne pas préparer les maquettes de masters d’enseignement ou parcours s’inscrivant dans cette logique ; intervenir dans chaque conseil pour bloquer leur élaboration et leur remontée.

- 3/ ne pas participer à la mise en place des nouveaux concours au dernier trimestre 2010 (ne pas élaborer de sujet d’épreuves, démissionner des jurys).

- 4/ ne pas collaborer avec les rectorats pour mettre en place les remplacements déguisés en stages.

Il est également souhaitable que :

- 1/ les Conseils d’écoles, conseils d’administration des collèges et lycées s’opposent au recours aux vacataires ;
- 2/ les formateurs d’enseignants (Inspecteurs de l’Education nationale, conseillers pédagogiques, maîtres-formateurs, professeurs d’IUFM…) refusent de participer à des formations dont les remplacements seraient assurés par des étudiants ;
- 3/ les Conseils d’écoles et les Conseils d’administration des collèges et lycées fassent voter une motion du type :

« Le Conseil d’école/ le CA de l’établissement demande au directeur d’école/au chef d’établissement de ne pas accepter de confier les classes aux étudiants n’ayant pas encore réussi les concours.

Il demande également à l’ensemble des enseignants de l’école/de l’établissement de refuser le tutorat d’étudiants n’ayant pas encore réussi les concours ou de lauréats des concours qui seraient placés en responsabilité à temps plein, tout en étant privés d’une véritable formation en alternance. »

Nous appelons tous les enseignants des premier et second degrés à diffuser largement cet appel dans les établissements, par tous les moyens.

Nous appelons tous les enseignants à signer, et à faire signer par les parents, la pétition « 100.000 voix pour la formation des enseignants ! » (www.100000voixpourlaformation.org).

Nous appelons les syndicats enseignants, de la maternelle à l’université, à amplifier la bataille du retrait des décrets et d’abandon total d’une réforme qui casse la formation des enseignants, nuit à la qualité de la recherche et remet en cause l’appartenance des futurs enseignants à la fonction publique d’État.

Source : (Sauvons l’Université->http://www.sauvonsluniversite.com/s...]

Compléments d’info :

Sauvons l’Université.

Autres appels d’Universités contre la "réforme" de la formation des maîtres.


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