Angleterre : classement des écoles et menaces...

samedi 12 décembre 2009
par moka
popularité : 8%

Des tests de performances, des classements d’écoles, des objectifs chiffrés, des sanctions possibles pour les zones ou les écoles n’atteignant pas ces objectifs...

Un système anglais de stigmatisation et de menace qui ne semble pas donner tous les résultats attendus, puisque globalement, les résultats sont en baisse...

***************************************************** Les résultats de la cuvée Sats de mai 2009 auprès des enfants de 11 ans ont été publiés le premier décembre. Ces test évaluent par QCM le niveau des élèves à la sortie du primaire, en anglais, en maths, et en sciences dans 15 000 établissements primaires.

Ils permettent l’édition de classements des écoles selon les performances de leurs élèves (exemple pris au hasard : Waltham Forest).

Pas très encourageants.

Est-ce un effet secondaire de la crise ? Les résultats ne sont pas très encourageants :
- 28% des élèves n’atteignent pas le niveau 4 : ils ne sont pas capables d’écrire une "phrase complète avec virgule" ou d’effectuer un calcul mental simple ; (NB : la virgule a une valeur spécifique chez les anglo-saxons, elle sert par exemple à séparer les chiffres dans les grands nombres : 1,235 pour 1 235. Elle semble ici être placée au centre de la construction de la phrase.)
- ce taux d’élèves en difficulté a augmenté d’un point depuis l’an passé ;
- 1470 établissements primaires affichent des scores inférieurs au seuil de réussite fixé par le gouvernement (plus 55% de leurs élèves n’ont pas atteint le niveau 4) ;
- 113 écoles ont régressé en-dessous de ce seuil ;
- dans 52 écoles, plus de 70% d’élèves n’atteignant pas ce niveau ;
- les 12 autorités locales scolaires (responsables de la gestion des écoles d’un secteur) les moins bien classées ont plus de 15% d’écoles en sous performance. Hackney, Nottingham, Sandwell, Medway et Derbyont le déplaisir de se trouver dans ce peloton de queue.

Objectifs et menaces.

Or, le secrétaire d’Etat à l’enfance, Ed Balls, s’est donné pour objectifs d’augmenter cette proportion d’élèves atteignant le niveau 4 aux tests Sats. Il prescrit que ce taux devra passer de 72 à 78% d’ici 2011. (NB : c’est en effet urgent, puisque sous la pression des enseignants, il est envisagé de supprimer ces tests en 2011, voir (1)).

« Certaines écoles du centre-ville, par exemple dans les zones Tower Hamlets, à l’est de Londres, ont réussi à garder leurs écoles primaires au-dessus de l’objectif minimum. C’est la preuve que d’autres zones défavorisées pourraient également le faire. » a déclaré le secrétaire d’État.

« Les autorités locales n’auront plus l’excuse de dire : "la plupart de nos établissements primaires sont vraiment très bien, mais on peut s’attendre à ce que telle ou telle école n’ait pas de bons résultats, en raison de son environnement difficile" », a-t-il ajouté.

Il a donc écrit aux douze autorités locales ayant le plus d’écoles défaillantes, exigeant qu’elles rédigent des plans d’action pour relancer ces établissements d’ici fin Janvier.

Les autres ont jusqu’à mars pour faire la même chose pour leurs écoles défectueuses.

(N.B. ces différences de tratement peuvent surprendre : plus les situations sont difficiles, plus les délais sont courts pour construire des projets performants.)

« Les écoles n’atteignant pas des objectifs du gouvernement ne sont pas sur la bonne trajectoire. Nous voulons obtenir un demi-tour rapide, a également annoncé Mr Ball.

Nous n’allons pas nécessairement changer la direction d’une école ou la fermer, mais toutes ces choses sont possibles. »

Il a également menacé (c’est le mot utilisé par le journaliste) d’envoyer des inspecteurs dans ces écoles.

Sous tutelle.

Les écoles bien cotées recevront en revanche une prime de 75 000 livres pour aider les écoles voisines fautives.

(N.B. on peut également trouver cette décision étrange : l’école bien tranquille ayant une population bien homogène, recevra le budget pour aider l’école de type ZEP voisine, et aura la mission de lui fournir tous les conseils pertinents et utiles.)

Il a également déclaré que toutes les écoles primaires auraient accès à des enseignants spécialisés en mathématiques, alphabétisation et langues modernes pour accroître les niveaux.

9 000 millions de livres seront attribués aux collectivités locales d’ici 2011 pour améliorer la lecture, l’écriture et le calcul et fournir une aide personnalisée aux élèves du primaire en difficulté.

Stigmatisation et valeur ajoutée.

Les syndicats enseignants critiquent les propos de Mr Bill, qui « stigmatisent des écoles qui font de leur mieux dans des zones défavorisées. »

Christine Blower, secrétaire générale de NUT, a déclaré : « Ed Balls semble déterminé à reproduire l’erreur qu’il a faite avec son Challenge national des écoles secondaires, et de fixer des objectifs planchers arbitraires. »

« Les écoles dans les zones les plus difficiles peuvent ajouter une valeur énorme à la réussite de leurs élèves, mais si elles n’atteignent pas ces objectifs, leur succès sera transformé en échec du point de vue du gouvernement. »

« Il aurait mieux fait de donner aux écoles primaires ayant les plus grands besoins des ressources ciblées, sans placer pour autant leur action dans un contexte d’échec ».

Stress et enseignement limité aux matières testées.

D’autre part, les enseignants affirment que ces tests sont nocifs pour les élèves et les enseignants.

Les écoles ont tendance à se concentrer presque exclusivement sur l’obtention des résultats élevés dans les matières testées.

Les élèves et les enseignants souffrent de stress en raison des enjeux élevés des tests, dont les résultats alimenteront les tableaux de classement des écoles.

Avis de la directrice d’une école de Nottingham, qui se trouve dans un des quartiers les plus défavorisés du pays, accueille des enfants dont plus de la moitié bénéficie de repas gratuits, et se trouve placée en tête du classement de valeur ajoutée. Le score moyen de l’école aux tests Sats est de 28,5%, ce qui est mieux que beaucoup d’autres écoles de quartiers très défavorisés.

Selon Mme Bradley, les tests Sats « montrent ce que l’enfant peut faire sur une journée, dit-elle. Je ne pense pas qu’ils soient particulièrement précis. Certains enfants se comportent bien dans des conditions d’examen, d’autres pas.

« Je dirais aux parents qu’ils doivent aller visiter les école et juger par eux-même de la possibilité d’y envoyer leurs enfants, sans se baser sur la Sats.

« Je crois fermement que nos enfants ont besoin de faire du patin à glace, du théâtre et de la danse aussi bien que des maths et de l’anglais.

« Les élèves de Blue Bell - et leurs parents - sont très stressés par les tests, ajoute la directrice. Plusieurs enfants ont fondu en larmes à la pensée des évaluations cette année. »

Boycott des parents

L’école ayant le plus mauvais score moyen est le premier établissement financé par l’Ecole Steiner au Royaume-Uni, à Hereford.

Son directeur, Trevor Mepham, a déclaré que l’école se retrouvait à cette place parce que les parents avaient refusé de laisser les enfants participer aux épreuves :

« Un grand nombre de parents a décidé qu’ils ne laisseraient pas leurs enfants passer les épreuves, » a-t-il déclaré.

Une partie de la philosophie de Steiner est de fournir un environnement qui accorde une attention égale aux besoins physiques, affectifs, intellectuels, culturels et spirituels des enfants.

Sources :

- Ed Balls demands improvement to underperforming primary schools.
- More primaries failing to teach majority of pupils the basics, league tables reveal
- Sats case study : Blue Bell Hill, St Ann’s, Nottingham.


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lundi 26 juillet 2010

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