Acadomia : action lobbying exemplaire.
Article de Mathilde Mathieu, relevé sur Médiapart :
Jusqu’ici en pleine expansion, les cours de soutien ont eu un moment d’inquiétude, quand l’Assemblée Nationale a voté un amendement déposé par le député UMP Lionel Tardy.
Celui-ci supprimait le « crédit » d’impôt offert aux familles consommatrices de cours privés à domicile, autorisées jusqu’ici à déduire de leur déclaration d’impôts 50% de leurs dépenses parascolaires.
Ca coûte à l’Etat la bagatelle de 300 millions d’Euros, ne bénéficie qu’aux classes aisées, pour un service dont les prix ne sont pas à la baisse, et la qualité fluctuante.
N’oublions pas que ces deux dernières années, les associations amies de l’école, qui proposaient le même service à tous et de façon gratuite, ont perdu une bonne part de leurs subventions, et les postes d’enseignants détachés qui leur permettait de fonctionner.
Dans un élan d’équité républicaine, le député de Haute Savoie avait obtenu de réserver cette défiscalisation aux familles recourant plutôt à des associations à but non lucratif ou à des particuliers (étudiants, etc.).
Affolée par cette annonce, Acadomia, la plus grosse entreprise de soutien scolaire en France, n’a pas lésiné sur les moyens : elle a missionné un cabinet de lobbying pour rattraper le coup au Sénat. Son nom : Lysios.
Du beau boulot, vraiment, 3 salariés à plein temps sur la question, contact ciblé avec des sénateurs et des membres du gouvernement. Construction d’un argumentaire efficace...
C’est ainsi que Catherine Procaccia a réussi à faire annuler par le Sénat le vote de la réforme Tardy, lundi 7 décembre.
Les officines de soutien peuvent à nouveau envisager sereinement leur avenir, grâce à l’aide éclairée de l’Etat.
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