Les IUFM mobilisés pour une vraie formation des enseignants.
Un appel inédit.
Après un communiqué plutôt clair, publié le 18 Novembre, la conférence des directeurs d’Instituts Universitaires de Formation des Maîtres a récidivé la semaine dernière, en appelant :
à une journée nationale de mobilisation dans les IUFM, le 7 décembre 2009, sur le thème « Enseignant, un métier qui s’apprend ». (Source)
Saluons le courage de ce positionnement : ces directeurs sont nommés par la Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, initiatrice de cette réforme, avec les ministres successifs de l’Éducation Nationale : M. Darcos, puis M. Chatel.
Ainsi, forums, débats, portes ouvertes, conférences, tables rondes se déroulés dans plus d’une centaine de sites IUFM.
De nombreux IUFM ont interrompu leurs activités pour se consacrer à ces actions.
Etudiants, enseignants, parents d’élèves, personnels des IUFM, journalistes, élus, partenaires, ont été sollicités pour participer ou relayer un débat qui concerne toute la société.
La quasi totalité des 32 Instituts Universitaires de Formation des Maîtres s’est donc mobilisée pour une vraie formation aux métiers de l’enseignement, lundi, en métropole ainsi qu’en Outre-mer.
On retrouve la liste des actions réalisées ici.
IUFM d’Auvergne : démonstration magistrale.
Conférence-débat à l’IUFM à Chamalières, lundi. L’amphi était bondé.
Nous avons assisté, vidéos à l’appui, à une démonstration magistrale de Luc Ria et Roland Goigoux, professeurs d’université, chercheurs et formateurs à l’IUFM d’Auvergne.
L’expérience difficile de jeunes professeurs débutants dans des classes de ZEP, et l’apport que donne un regard extérieur sur leur pratique. La gestion de classes difficiles n’est pas innée. On gagne du temps et de l’énergie à apprendre à construire sa propre autorité.
L’hétérogénéité extrême des capacités de restitution d’un récit étudié en classe de maternelle. L’un, en moyenne section se transforme en véritable conteur pour nous raconter Hansel et Gretel : phrases complexes, inférences, dialogues joués... Deux autres, pourtant en grande section dans la même classe, arrivent à balbutier quelques demi-phrases sur le début du conte... Comment ne pas laisser ces enfants-là en rade, sans solide formation ?
La complexité de l’acte d’enseigner : multiples actes pédagogiques relevés dans un extrait d’à peine 1mn 20 en CP. Le stagiaire en fond de classe n’en a pas repéré le quart, nous découvrons avec émerveillement tout le savoir-faire déployé... qu’il est nécessaire d’étudier en détail pour l’identifier. L’enseignante elle-même aurait eu bien du mal à lister ainsi ses actions... Toute la finesse de l’expérience acquise, qui, sans analyse, ne pourrait être transmise.
Les conclusions se rejoignent : enseigner ne s’improvise pas, la pédagogie permet d’apprendre à analyser sa pratique, évoluer, progresser plus vite. Cet apprentissage permet de ne pas s’épuiser en tâtonnements. Il est indispensable pour le bien de tous, enseignants et élèves.
Dans la salle, inspecteurs en exercice ou à la retraite, vice-présidents de l’université Blaise Pascal, maîtres formateurs, formateurs, professeurs des écoles et du secondaire, étudiants, professeurs stagiaires, parents d’élèves etc... Nous n’avons pas identifié d’élus... Mais peut-être étaient-ils là incognito...
Le débat s’est déroulé sans esclandre, mené avec brio et humour par Andres Atenza, Directeur de l’ESC de Clermont-Ferrand.
Ces vidéos seraient bien utiles à montrer à MM. Chatel et Pécresse. Mais il se peut que la question les indiffère...
Partout en France : relais dans la presse.
Le Monde :
Les IUFM mobilisés contre la réforme de leurs cursus.
L’Express :
Les IUFM mobilisés pour une autre réforme de la formation des enseignants.
20 minutes :
Les IUFM opposés à la réforme de la formation des maîtres.
Libération :
Les IUFM en lutte, partout en France.
L’Humanité :
La fronde des IUFM se durcit.
Rien trouvé à ce jour dans le Figaro, l’article m’aura échappé...

