Favoriser la mixité sociale à l’école : propositions.

mercredi 18 novembre 2009
par moka
popularité : 8%

Les observateurs le constatent : l’assouplissement de la carte scolaire amplifie la ghettoïsation des établissements. Il est cependant un peu simpliste d’affirmer qu’un simple retour au fonctionnement antérieur résoudra le problème.

Voici, publié sur le site de la ligue de l’enseignement, un ensemble de textes et d’analyse qui méritent attention.

Nous relevons notamment :

Pour comprendre les processus :

Claude Lelièvre (Professeur d’histoire de l’éducation à l’université Paris Descartes) : contestée dès les années 1980 au nom du « choix des parents », la carte scolaire a fait l’objet de nombreux débats sans que soient vraiment relayées les propositions les plus sérieuses, comme l’idée d’une « politique de qualité contrôlée » avancée par le rapport Thélot ou celle d’une réelle différenciation.
- 25 ans de débats sur la carte scolaire

Jacques Donzelot (Maître de Conférences en Science Politique à l’Université de Paris X) : comprendre et formuler les évolutions sociales qui façonnent la ville d’aujourd’hui, et font naître entre les territoires des inégalités qui se concentrent dans les établissements scolaires.
- La ville à trois vitesses, Mixité ou mobilité ?

Gary Orfield (Professeur "of Education, Law, Political Science and Urban Planning" à l’Université de Californie*) : les politiques scolaires de discrimination positive à Los Angeles n’ont pas réussi à enrayer des logiques sociales résidentielles souvent soutenues par les politiques. C’est sur la mixité sociale des zones résidentielles plus que sur celle des écoles qu’il faut travailler.
- L’expérience de Los Angeles

  • (Les termes anglais, tout en étant très proches des termes français, ne recouvrent pas forcément exactement les mêmes domaines.)

Nathalie Mons (Maître de conférences, spécialiste de l’analyse internationale des politiques éducatives, à l’Université de Grenoble II) : la sectorisation est rarement la prison, le libre-choix n’est pas nécessairement la jungle... Un libre-choix régulé en amont ou en aval se révèle équitable et efficace.
- Le modèle français et les autres

Que faire ?

En dessous de la vidéo de présentation générale, on trouve une série de vidéos qui sont proposées dans le bandeau en bas de l’écran de la Une de la ligue. On peut visionner, de gauche à droite :

Éric Favey (Secrétaire général adjoint de la Ligue de l’enseignement) : une autre carte scolaire devrait pouvoir être imaginée.

Bernard Toulemonde (Inspecteur général honoraire de l’Éducation nationale) : on le voit dans les pays qui l’ont expérimenté, supprimer la carte scolaire ne résout rien. Il faut repenser la rétribution de professuers travaillant en ZEP : une prime de 100€ ne suffit pas, il faudrait doubler le traitement des enseignants qui s’engagent à y rester 5 ans, comme pour les DOM TOM. Il faut plus de transparence dans l’attribution des dérogation. Les établissements privés ne prennent pas leur part dans la mixité sociale : ils accueillent moitié moins de boursiers que les établissements publics. Il faut les inciter accueillir plus d’élèves d’origine sociale modeste.
- Le système éducatif en France. (livre)

Patrick Gonthier (secrétaire général de l’UNSA Éducation) : on assiste à une saignée des établissements sensibles. La question des inégalités réunit parents et enseignants. Il faut geler la suppression de carte scolaire qui a été décidée de façon idéologique, et prendre le temps d’un vrai débat.

Agnès van Zanten (Directrice de recherche en sociologie, au CNRS ) : accompagner les enseignants pour une meilleure gestion de l’hétérogénéité. Accompagner des projets culturels fondés sur l’hétérogénéité, en permettant l’implication des parents. Voir l’exemple d’une école de Montreuil qui montre qu’un investissement de parents de classe moyenne peut contribuer à aider les élèves en difficulté et bénéficie ainsi à tous.
- La scolarisation dans les contextes “ difficiles ”. Contraintes et réponses organisationnelles et pédagogiques.

François Dubet (Professeur de sociologie, université de Bordeaux) : il faudrait être en mesure de combiner l’idée que les gens ne sont pas prisonniers avec des règles de circulation : que les bons élèves des quartiers difficiles aient moins de raison de fuir leurs établissements, et des contraintes pour les établissements qui attirent les plus d’élèves.
- pas de vidéo, mais un article : Au-delà des ZEP Quelle politique de discrimination positive ?
- Donner autant à ceux qui ont moins.


Statistiques

Dernière mise à jour

lundi 26 juillet 2010

Publication

518 Articles
Aucun album photo
Aucune brève
46 Sites Web
10 Auteurs

Visites

0 aujourd'hui
97 hier
28491 depuis le début
9 visiteurs actuellement connectés