Réflexions sur le recrutement et la formation des maîtres.
par Jean Ferrier, Inspecteur général honoraire, ancien Directeur des écoles. Analyse relevée sur le site Sauvons l’Ecole Publique
Le ministère a confirmé et précisé ces dernières semaines la façon dont seraient dorénavant recrutés et formés les professeurs de l’éducation nationale. Des discussions sont en cours avec les universités sur ce projet qui devrait entrer en vigueur en 2010 et suscite de nombreuses controverses. L’analyse en reste cependant difficile, notamment parce que le débat sur la formation est pollué par des déclarations de principe dont l’objectivité, quelle que soit la position avancée, n’est pas toujours assurée : depuis leurs origines, les IUFM sont l’objet de propos laudatifs par les uns, d’une critique systématique de la part des autres. La vraie question qui mérite d’être posée, dans le contexte actuel, est de savoir quelle organisation du recrutement et de la formation des maîtres sont les plus à même de conduire à une amélioration significative des résultats des élèves, quel que soit le niveau dans lequel ils se trouvent.
Il ne s’agit pas ici d’entrer dans la polémique, mais d’essayer de voir quelles questions peuvent ou doivent être posées et quelles solutions pourraient éventuellement permettre d’y répondre.
1. Sur le niveau de recrutement
Peut-on, en premier lieu, toujours parler en toute généralité de la formation des maîtres ? Dans le premier degré, même si les épreuves sont nationales, le recrutement est organisé sur le plan académique. La formation des maîtres est confrontée à des difficultés différentes à Toulouse où l’on recrute un élève professeur pour 14 candidats et dans l’académie de Créteil où l’on peut se présenter au concours avec une chance de réussite de 39 %. L’efficacité de la formation, ici, est, pour partie, fonction des conditions du recrutement. Ne pas le reconnaître est occulter une partie du problème actuel.
Depuis une trentaine d’années, on construit la formation en faisant l’hypothèse que plus le niveau de recrutement universitaire est élevé, plus efficace est l’enseignant nouveau. Il est évidemment difficile d’aborder le problème sous cet angle, après les déclarations ministérielles sur le niveau de formation des maîtresses qui accueillent des enfants de deux à trois ans. On peut cependant se demander si ce postulat est pertinent : cinq années de spécialisation dans le domaine juridique valent-elles mieux que trois années de formation aux différentes disciplines enseignées dans les écoles pour la formation des maîtres du premier degré ? Ceux qui étaient les plus « petits » auparavant y trouvent peut-être, sans doute même, un surcroît de dignité. Est-ce un signe de qualité plus grande pour autant ?
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